Galdrastafir - Le Nábrók

Le Nábrók, le nécropantalon

Voici un rite de magie islandaise particulièrement macabre. Il fut pratiqué au 17è siècle en Islande. Bien qu’influencé par l’occultisme du moyen âge, il remonte très probablement à l’époque païenne des Islandais et à leurs ancêtres vikings, car plusieurs éléments sont clairement d’origine païenne. Le 17è siècle en Islande est marqué par une terrible inquisition chrétienne menée par l’église luthérienne. De nombreux "sorciers" ou "sorcières" ont goûté aux tortures des prêtres chrétiens et à leurs bûchers "purificateurs". C’est dans cette Islande opprimée par l’obscurantisme chrétien qu’il est fait mention du rite en question : le Nábrók. 

 

Ce terme de Nábrók se transcrit en français par "Nécropantalon", un pantalon de cadavre. Car c’est bien de ça qu’il s’agit, de la moitié inférieure du cadavre d’un homme dont la peau fut retirée et conservée. Celui de la photo n’est pas un fake, il est exposé dans un musée en Islande. Ce genre de magie relève de la nécromancie, une magie qui traite avec les morts. D’autres types de nécromancie mentionnés par les Eddas sont attestés chez les Vikings. Bien que très macabre, ce genre de magie rituelle n’était ni "noire" ni "blanche". Le but recherché était en général lié à des idées très positives comme le succès, la richesse, le bonheur, etc... Les malédictions existaient aussi bien-sûr, mais même dans ce cas on ne devrait pas parler de magie «noire», car la motivation pour une telle malédiction était souvent une injustice subie, ce qui appelle une vengeance, sentiment honorable et justifié dans toute tradition païenne. Le bien absolu ou le mal absolu sont des inventions du judéo-christianisme qui n’ont tout simplement par leur place dans les traditions païennes où tout est relatif et mûrement réfléchi. Mais revenons-en à notre Nécropantalon dont la finalité justement était la richesse. 

 

Voici comment il fallait procéder pour le Nábrók. 

De son vivant, il fallait obtenir l’accord d’un homme pour qu’après sa mort on puisse le dépecer de sa partie inférieure. Après avoir été enterré, il fallait l’exhumer et vérifier que la peau de la partie inférieure du cadavre n’avait pas été endommagée par des trous. On procédait alors au dépeçage en prenant soin de retirer la peau en une seule pièce. En y enfilant ses propres jambes, le nécropantalon épousait la peau du «sorcier». Il fallait avoir volé une pièce de monnaie à une pauvre veuve, pièce qu’il fallait ensuite placer entre la peau et les «bourses», le scrotum. Il fallait également y joindre un Galdrastafur, un talisman magique nommé Nábrókarstafur. C’est celui qui apparaît sur la droite de la photo. Ce signe est composé de symboles lunaires et solaires ainsi que d’anciennes runes comme les runes viking Man ou Hagal. Tant que le Nécropantalon n’était pas enlevé, la magie devait agir en permanence et apporter beaucoup d’argent. Toute magie a un prix ou possible retour de flamme. Afin d’éviter ceci, il fallait que le "sorcier" trouve un volontaire pour porter à son le Nécropantalon. Pour ce faire, il fallait procéder d’une manière spéciale. Le «sorcier» retirait une jambe, cette même jambe devait être enfilée par le nouveau «sorcier». Alors seulement à ce moment pouvait être retirée la deuxième jambe pour qu’elle soit enfilée par l’autre personne. 

 

Au niveau du symbolisme, le fait que la richesse soit associée aux parties génitales semble très logique, car le sexe fut de tous temps associé aux rites de fertilité, d’abondance et de richesse. Ceci dit, il existe d’autres rites pour favoriser la richesse, des rites bien moins macabres .

 

Hathuwolf Harson

 

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