Oding vs Futhark...

Mes études sur les inscriptions runiques historiques, m’avaient mis la puce à l’oreille, puis ce soupçon s’est vu étayé par un livre de Gerhard Heß. Lorsqu’on se penche sur les inscriptions historiques, on s’aperçoit que les runes ne se gravaient pas uniquement de gauche à droite, car dans de nombreux cas elles étaient aussi gravées de droite à gauche. Plusieurs inscriptions comme celle du crâne de Ribe ou celle de Jaersberg

https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305430292929119.1073741839.230064080465741/478760425596104/?type=3&theater

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présentent dans la même inscription les deux sens, tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à gauche. On est alors en droit de se demander si ce double sens ne serait pas aussi applicable à l’alphabet runique, au Futhark. Il semblerait logique que si les runes s’écrivaient dans les deux sens, que ceci soit également vrai pour le Futhark.

 

À droite en bas sur la photo, on peut voir l’ordre classique du Futhark. À gauche en bas de la photo, se trouve le Futhark dans le sens contraire, de droite à gauche. Ce Futhark commençant par la rune Óðal (Othala) et finissant par la rune Fehu, a reçu d’ailleurs un nom. L’auteur allemand Gerhard Heß l’a baptisé ODING, du nom des 3 premières runes – Odal. Dag, ING. Dans son étude, il a trouvé des correspondances intéressantes entre l’Oding et la cosmogonie germano-nordique, une étude qui se base elle aussi sur les paires runiques, mais dans l’autre sens. 

 

Loins d’être opposés l’un à l’autre, contrairement au titre de cet article, les deux systèmes alphabétiques sont complémentaires, ce qui semble renforcer la validité de cette approche. Nous pouvons même aller encore plus loin, en affirmant qu’il a dû y avoir une troisième variante que l’on pourrait nommer “Odingfuth”, une variante qui prend l’alphabet runique dans les deux sens à la fois, ce qui est illustré sur la photo en haut à droite. Dans ce cas précis, on commence une fois la lecture runique par Odal et une fois par Fehu, le point d’arrêt étant les deux runes centrales Jera et Eihwaz. Le second Aett forme ainsi des paires runiques différentes de celle du Futhark classique. 

 

Voyons donc à présent comment on peut interpréter les paires runiques à la lumière de cette nouvelle approche basée sur l’Odingfuth. 

 

OTHALA-DAGAZ: Terre-Mère / Ciel-Père 

La correspondance grecque par exemple serait Gaïa / Ouranos. C’est l’union originelle des forces chtoniennes et ouraniennes. De cette union naît la descendance divine que l’on retrouve avec le couple runique suivant.

 

INGWAZ-LAGUZ: Fils du ciel / Fille de la Terre.

La descendance divine générée par l’union du Ciel-Père et de la Terre-Mère. Cette descendance repose sur les principes de fécondité liés aux deux runes.

 

MANNAZ-EHWAZ: Monde des hommes / Monde des animaux. 

À la suite de la descendance divine, furent générés les mondes des hommes et des animaux. On remarque au passage, que dans le cas de l’Oding, le monde des animaux passe en dernier, ce qui s’oppose en quelque sorte à l’ordre cosmogonique généré par l’ordre du Futhark.où le monde des animaux est révélé en première position.

 

BERKANA-TIWAZ: Déesse-Mère / Dieu-Père.

Ici nous avons la répétition de la première paire runique avec l’union des forces terrestres et célestes. 

 

+++ L’aett d’Odal selon l’ordre Oding révèle ainsi une construction chronologique de la cosmogonie. Le premier couple divin génère une descendance masculine et féminine, ainsi que le monde humain et animal, pour terminer une fois de plus par le couple divin qui encadre le tout.

 

À ce stade nous passons au premier Aett tel que nous l’avons vu dans nos articles sur les paires runiques basées sur le Futhark classique.

 

FEHU-URUZ: Monde animal dompté / Monde animal sauvage.

Dans l’ordre Oding, la rune Uruz passe avant Fehu, ce qui donne une certaine logique vu que nous avons ainsi d’abord les animaux sauvages qui sont ensuite domestiqués. 

 

THURISAZ-ANSUZ: Forces divines obscures / Forces divines lumineuses.

Les deux forces régies par la loi des cycles.

 

RAIDO-KENAZ: Dimension humaine solaire / Dimension humaine lunaire.

 

GEBO-WUNJO: Offrande des humains / Offrande des Dieux

 

+++ L’Aett de Fehu et ses paires ne varient pas dans ce cas précis.

Dans l’approche Odingfuth, l’aett de Hagal est peut-être le plus original. Voyons les paires qu’il génère.

 

HAGALAZ-SOWILO: Grêle / Soleil --- Occulte / Lumineux --- Hödr / Baldr.

Cette paire runique est très intéressante car elle nous met en présence d’un des éléments-clés de la mythologie germano-nordique: la mort du Dieu solaire Balder tué par son frère aveugle Höder. La lumière vaincue par l’obscurité nous renvoie bien évidemment au concept fondamental des traditions païennes: les cycles. Cette paire runique réserve aussi une autre surprise, car c’est celle qui fut reprise par l’occultisme national-socialiste et traduite par le célèbre salut “Sieg Heil” (Sowilo Hagalaz). Pour comprendre ceci, il faut se souvenir que dans les recherches ésotériques national-socialistes basées sur celles de Guido Von List, la rune du soleil était interprétée comme celle de la victoire (Sigil=> Sieg), et la rune de la grêle comme la cristalisation de toute connaissance, une rune de sauvegarde utlime (Hagal=> Heil).

 

ALGIZ-NAUDHIZ: Forces vives croissantes / Forces vives en déclin.

L’antagonisme selon la loi cyclique paraît ici aussi plus qu’évident. Ce qui grandit, décline un jour, et vice-versa. L’autre antagonisme qui se cache dans ce couple runique est celui de “Avec Protection / Sans Protection”.

 

ISA-PERTHRO: Glace / Naissance --- Mort / Vie

Les deux grands aspects fondamentaux du destin sont exprimés par cette paire runique: la mort et la vie.

 

JERA-EIHWAZ: Été / Hiver

La rune Jera, celle de la bonne année abondante, marque des saisons comme le printemps et l’été, alors que la rune Eihwaz, l’arbre de vie et de mort, symbolise les rigueurs hivernales. 

 

+++ Dans cet Aett, on peut constater encore une fois que les lois cycliques sont la notion fondamentale liée aux mystères runiques.

Cette nouvelle approche des runes sous l’angle Oding et Odingfuth, démontre que les runes peuvent être prises de très nombreuses formes sans que pour autant leur sens profond en soit altéré. On pourrait même affirmer que ces nombreuses formes de lectures, nous rapprochent un peu plus du sens originel des runes et de tous les mystères qui ces symboles magico-religieux de nos ancêtres païens.

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

“Oding-Wizzod”, Gerhard Heß.

 

Samedi 22 Juillet 2017


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