Runes Secrètes...

Les clés du mystère...

En pleine période viking, peu avant l’an mil, s’est développé en Scandinavie un nouveau système runique que l’on nomme les Runes Secrètes. Sur la photo en bas à droite on peut en voir un échantillon sur une pierre runique historique sous la forme de barres verticales plus ou moins longues. Elles sont un système codé basé sur les valeurs numériques de l’alphabet runique, système que nous allons voir en détail. Il existe deux raisons probables pour lesquelles se sont développées ces runes secrètes. Les maîtres runiques de cette époque viking jugeaient très certainement que trop de gens étaient capables de déchiffrer les runes, et que pour cela il était temps de rendre plus compliqué la lecture correcte de certaines runes. Les maîtres réservaient ainsi la connaissance des runes aux seuls initiés. D’autre part, il est probable également que les maîtres runiques cherchèrent à donner une valeur particulièrement forte aux mots transcrits en runes secrètes. On pourrait parler d’une valeur magique, car elle est capable de concentrer toute l’énergie des runes sur le mot codé. 

 

Tel qu’on peut le voir sur la photo, il existe de nombreuses variantes des runes secrètes. Mais pour ceux qui ne connaissent pas encore, rassurez-vous, bien que le graphisme change, le système est toujours le même. Ce système se base sur la place des runes dans l’alphabet runique, le Futhark. Il faut se rappeler que le Futhark se divise en trois parties que l’on nomme Aett. 

F U þ A R K G W (1er Aett)

H N I J Ei P Z S (2è Aett)

T B E M L Ng D O (3è Aett)

Pour commencer, prenons le système de l’exemple nº1 de la photo qui correspond d’ailleurs à celui de la pierre runique à droite. On y observe des barres verticales longues, puis des barres verticales courtes. Les grandes barres désignent l’Aett (premier, deuxième, ou troisième Aett), tandis que les petites barres désignent la place de la rune au sein de cet Aett. Dans l’exemple nº1 ça donne la chose suivante : 

1 grande barre et 3 petites = 1er Aett, 3è rune ; 

2 grandes barres et 2 petites = 2è Aett, 2è rune ; 

3 grandes barres et 5 petites = 3è Aett, 5è rune.

Si l’on prend le Futhark germanique commun ci-dessus, ça nous donne les runes suivantes :

1er Aett, 3è rune = þ, la rune Thurisaz.

2è Aett, 2è rune = N, la rune Nauðiz.

3è Aett, 5è rune = L, la rune Lögr.

Mais voilà, la chose se complique un peu, car les vikings n’utilisaient plus le Futhark germanique commun depuis presque 5 siècles. Ils utilisaient ce qu’on nomme des Futharks récents, des alphabets runiques adaptés aux évolutions linguistiques du norrois, la langue parlée par les Vikings. Ces Futharks récents comportaient moins de runes que l’original du germanique commun, de 24 runes on est passé ainsi à 16 runes. C’est donc sur un Futhark récent qu’il faut travailler pour décoder correctement les runes secrètes de cette époque. Et pour rendre la chose encore un peu plus difficile aux novices, les maîtres runiques ont inversé le sens des Aett. On peut le voir sur la photo avec les trois Aett sur le haut à gauche. Le 1er Aett est ainsi devenu le 3è, et le 3è est devenu le 1er Aett. Le premier Aett est donc celui de Týr, et le 3è est celui de Fehu. Ceci est donc le Futhark définitif sur lequel il faut travailler pour déchiffrer la plupart des runes secrètes historiques. C’est ainsi que l’exemple nº1 nous donne à présent :

1er Aett, 3è rune = M, la rune Man.

2è Aett, 2è rune = N, la rune Nauð.

3è Aett, 5è rune = R, la rune Reið.

MNR, une abréviation pour Manr, l’Homme. 

Dans ce cas, toute la magie des runes secrètes se concentre sur l’homme en question.

 

Ce système peut être rendu par des formes graphiques très variées. Sur la photo se trouvent plusieurs exemples historiques de Suède et de Norvège.

 

Le nº2 est formé par des runes d’Odal et des barres verticales. Les runes d’Odal désignent l’Aett, et les barres désignent la place de la rune dans l’Aett. Ce qui nous donne : 2è Aett, 2è rune = rune N ; 2è Aett, 3è rune = rune I => NI. Cet exemple est tiré de la pierre runique de Rök, et fait partie d’une inscription plus longue qui se lit NIT. Dans ce cas, c’est la valeur symbolique de chaque rune qui est mise en avant et qui permet d’interpréter la formule magique. Nécessité – Glace – Týr. On pourrait penser à une formule de malédiction invoquant le soutient du Dieu Týr. 

 

Le 3è exemple de la photo est tiré de la même pierre de Rök en Suède. Dans ce cas les runes secrètes dont marquées par des runes Eihwaz. Ici, c’est l’orientation des runes qui nous donnent la clé pour déchiffrer correctement. Nous avons au début 3 runes orientées vers la gauche et 3 autres vers la droite, ce qui nous donne 3è Aett, 3è rune => la rune þ. Ensuite, nous avons 3 runes vers la gauche et 2 autres vers la droite, ce qui nous donne 3è Aett, 2è rune => la rune U. Puis nous avons en-dessous 3 runes vers la gauche et 5 autres vers la droite, ce qui donne 3è Aett, 5è rune => la rune R. Le mot écrit en runes secrètes est hautement sacré, c’est celui de « þur », nom norrois qui se traduit par Thor. C’est ainsi que ces runes secrètes invoquent le pouvoir du Dieu Thor. 

 

Le graphisme de l’exemple nº4 est formé sur le même principe : les traits à gauche de la barre indiquent l’Aett, et les traits à droite indiquent la place de la rune dans l’Aett. À remarquer que dans cet exemple, l’ordre des Aett n’a pas été inversé et respecte l’ordre traditionnel. 

 

Les exemples du nº5 sont tirés d’inscriptions historiques de Bergen en Norvège. Ils sont par leurs graphismes très originaux, et démontrent au passage que n’importe quel support graphique est valable, du moment qu’on indique l’Aett et la place de la rune dans l’Aett. Dans l’exemple nº5 que nous verrons de forme détaillée très prochainement, l’Aett est désigné par les nageoires à gauche du poisson, et la place de la rune est indiquée par les nageoires à droite du poisson. Le premier poisson nous donne ainsi 3è Aett, 6è rune => la rune K. 

 

L’exemple nº6 présente au niveau graphique un mix, un mélange de deux genres. Les trois premières runes sont indiquées par des barres verticales et des symboles du type Fehu. Mais la troisième rune est désignée par une barre séparant de forme classique les traits d’un côté et de l’autre pour indiquer l’Aett et la place de la rune dans l’Aett. 

 

Nous avons vu que n’importe quel support graphique est valable, c’est ainsi que je pourrais signer mon nom Hathuwolf de ces quelques différentes formes, sachant qu’en utilisant le Futhark récent, les Vikings remplaçaient le W par un U :

**/**////***///***//***//***////*////***/

(()(())))((()))((())((())((())))())))((()

ÞþAþþAAAAþþþAAAþþþAAþþþAAþþþAAAAþAAAAþþþA

@@+@@++++@@@+++@@@++@@@++@@@++++@++++@@@+

Etc… laissez libre cours à votre imagination. Je suis sûr que vous trouverez des supports graphiques originaux et sympathiques ;).

 

J’espère que pour ceux qui ne connaissaient pas encore les runes secrètes, il n’y a pas trop de doutes quant-au système. Si vous avez des questions, n’hésitez pas. Pour ceux que ça intéresse et si ça vous dit, je proposerai quelques exercices de runes secrètes.

 

Votre dévoué **/**////***///***//***//***////*////***/ 

 

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Dimanche 27 Août 2017


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