Ýr

Symbolisme du Tir à l'Arc...

ÝR est la troisième rune additionnelle du futhorc anglo-saxon. Son nom en ancienne langue anglo-saxonne se traduit par «Arc d’if». Il faut remarquer d’entrée que les 3 premières runes additionnelles du futhorc sont des runes liées à un arbre (le chêne, le frêne, et l’if). L’if est un arbre sacré dans la tradition germano-nordique, principalement lié à l’infra monde et à la notion d’immortalité (pour plus de détails sur le symbolisme de l’if, voir le lien au bas de cet article). Deux autres runes sont liées au symbolisme de l’if, Eihwaz et Ýr du futhark récent (en bas à droite sur la photo). Cet arbre était lié aux rites chamaniques, mais il fut surtout retenu pour la solidité et flexibilité de son bois ultra-résistant. Le bois d’if fut idéal pour fabriquer des arcs. Tout le symbolisme d’ailleurs de cette rune ÝR repose sur celui de l’arc que nous allons voir de près. 

 

Le poème runique anglo-saxon dit que cette rune est une joie pour les nobles et les guerriers, ainsi qu’une beauté sur un cheval. Derrière ces vers cryptés se cachent les runes Wunjo et Ehwaz, la rune de la joie et celle du cheval, ce qui fait d’Ýr une rune très positive. L’association avec le cheval met l’accent sur la collaboration harmonieuse entre l’homme et son instrument. Et en effet, l’arc est un instrument de confiance pour celui qui sait s’en servir. Il est la prolongation du bras, et la prolongation naturelle de la volonté de l’archer. L’arc est associé dans la tradition germano-nordique à la chasse et à la guerre, et, à un Dieu nordique en particulier, le Dieu Uller. C’est le Dieu hivernal de la chasse. Il est aussi un Dieu souverain par lequel on prêtait serment. Il se distingua parmi toutes les mythologies européennes, car c’est l’un des rares Dieux, sinon l’unique, qui se déplaçait en skis et en patins à glace. Eh oui…les skis et les patins ne sont pas une invention récente… 

 

Comme nous venons de l’évoquer, l’arc est la prolongation de la volonté de l’homme, il est la projection dans le temps et dans l’espace d’une volonté forte et souveraine. Un célèbre révolutionnaire ultra-gauchiste avait dit : «Là où il y a une volonté, il y a un chemin». Bien que ce triste personnage politique, nommé Lénine, ne soit pas du tout recommandable, cette citation n’en reste pas moins géniale et très appropriée à notre rune Ýr. 

 

L’arc fait partie d’une structure symbolique du ternaire, c’est-à-dire qu’un triple instrument n’en forme plus qu’un, c’est la combinaison complémentaire entre arc, corde, et flèche. Une harmonie parfaite entre ces trois éléments et l’archer est nécessaire pour le tir à l’arc. Cette discipline relève d’un véritable acte sacré chez nos ancêtres, et dans certaines traditions païennes asiatiques on lui voue même un culte religieux. Comme nous l’avons vu ci-dessus, le tir à l’arc est en connexion avec les activités de chasse et de guerre, mais il possède également un symbolisme qui le relie à l’acte sexuel, la flèche étant dans ce cas le symbole phallique et la cible celui de la vulve féminine. Tout ceci permet de relier le tir à l’arc aux 2è et 3è fonctions indo-européennes, la fonction guerrière et celle de la fertilité et fécondité. Mais il est avant tout la voie royale du guerrier tel qu’on peut le constater avec la tradition païenne des Indo-Aryens et celle du Bushido japonais. En Inde, il est l’arme d’Arjuna. Il est dit que le cœur pur d’un guerrier atteint toujours sa cible. Le tir à l’arc manifeste ainsi la noblesse et la pureté d’un véritable guerrier initié aux secrets de cet art millénaire. 

 

Le tir à l’arc est aussi associé au symbolisme solaire et ouranien, car dans la tradition païenne des anciens Grecs, cette activité est associée à Apollon, le Dieu de la lumière solaire. La flèche symbolise dans ce cas le rayon du soleil. Les flèches sont porteuses du feu solaire et de sa toute puissance. Le trait d’Apollon perce les ténèbres et apporte sa divine clarté sur le monde obscur des forces chtoniennes dont il est l’ennemi. Sa lumière est celle de la raison face à l’obscurité de l’inconscient, la raison contre l’irrationnel. 

Dans la tradition gréco-romaine, l’aspect du tir à l’arc lié à la 3è fonction indo-européenne, celle de la fécondité et fertilité, se retrouve avec le Dieu mineur Éros / Cupidon, Divinité célèbre par les flèches d’amour qu’il tire sur les personnes dont il veut qu’elles tombent sous le charme de la passion amoureuse. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • «ALU, an advanced guide to operative runology», Edred Thorsson
  • «Dicitonnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant


Liens :

  • La rune Eihwaz et le symbolisme de l'if=>https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.300053296800152.1073741833.230064080465741/324279151044233/?type=3&theater
  • Le Dieu nordique Ullr=> https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.306265149512300.1073741847.230064080465741/343057769166371/?type=3&theater

 

Lundi 26 Mars 2018