Laguz

Symbolisme de l'Eau...

Voyons d'abord les noms de la rune dans les différentes langues germaniques ainsi que les dérivés linguistiques.

- Germanique commun: LAGUZ, signifie "un élément liquide, eau".

- Gothique: LAGUS, signifie "Eau".

- Anglo-saxon: LAGU, signifie "Eau, Mer".

- Norrois: LÖGR, signifie "Eau, Mer".

 

Dérivés lignuistiques:

- germanique commun: LAUKAZ, "poireau".

- indo-européen: *leg, goutter, couler.

- indo-européen: *lou, laver, baigner.

- anglo-saxon: Leccan, humidifier.

- vieil-haut-allemand: Louga, lavage de linge.

- norrois: Laug, lavage de linge.

- vieil islandais: Lauðr, écume.

- vieil islandais: Laugardag, jour du bain.

- vieil islandais: Laugask, se nettoyer, se purifier.

- vieil islandais: Leygja. laver, rincer.

- vieil islandais: Lokr, l'océan.

- écossais: Loch, lac.

- germanique commun: *leubh, aimer.

- anglais: Lake, lac.

- français: Lac, Lagune, Liquide, Lacustre.

- espagnol: Lago, Laguna.

 

Tous ces noms viennent de l'indo-européen *LAKU, *LOKU, qui signifie "Eau, Lac, Mer".

 

Les noms indiquent clairement que Laguz est la rune de l'eau. Laguz désigne l'élément liquide sous toutes ses formes: océan, pluie, lac, rivière, source, rosée... 

 

L'eau est la source de toute vie. Elle est la vie sous son aspect le plus originel. L'eau figure la vie non-manifestée, celle qui est encore en germe. Ce sont les eaux dans lesquelles baigne le foetus dans le ventre de sa mère. Dans le cadre mythologique, l'eau est à l'origine née de la rencontre du monde du feu (Muspelheim) et du monde de la glace (Nifelheim). Du feu et de la glace naquît l'eau qui alimenta l'éclosion de la vie. L'eau a une très forte connexion également avec le sang, autre élément liquide qui est un symbole de la vie et de son renouvellement cyclique. Dans les anciens mythes germano-nordiques, on retrouve le sang du géant primordial Ymir, celui à partir duquel sera formée la terre. Les océans et autres milieux aquatiques sont nommés le sang d'Ymir. Des pis de la vache cosmique Auðumla sortent quatre flots de lait, ce qui nous relie au même symbolisme que le sang d'Ymir. 

 

L'élément liquide est très étroitement lié aux notions de fertilité et de fécondité, il en est même l'expression par excellence. L'eau qui irrigue les champs vient fertiliser la terre, c'est le sperme céleste qui féconde la Déesse. Cette notion est confirmée par un des noms germaniques de la rune, celui de Laukaz, le poireau. Ce légume a un rapport symbolique intime avec la puissance sexuelle masculine, ce qui nous rappelle un des aspects du Dieu Frey lorsque celui-ci est comparé à la puissance sexuelle du soleil fécondant la Terre-Mère. On retrouve ceci dans le skírnismál, mythe du Dieu Frey partant à la conquête de Gerd la Terre-Mère. Ce n'est pas pour rien que le Dieu Frey est fils de Njörðr, le Dieu des zones côtières ainsi que de la terre. Le poireau par ailleurs est une plante qui a besoin de beaucoup d'eau pour sa croissance, c'est le premier légume qui surgit après la saison hivernale. Il a aussi des vertus médicinales: il purife le corps, ses fibres entraînent les toxines, et il est antiseptique. Le nom du poireau, Laukaz, est également une des formules magiques que l'on retrouve sur de nombreuses inscriptions runiques d'amulettes germaniques. La formule Laukaz était invoquée pour apporter prospérité, fécondité, et fertilité. 

 

En plus de ces notions de croissance, l'eau est fortement rattachée au principe de purification. Tout comme le poireau, l'eau a des vertus curatives employées dans de nombreux rites de guérison. À un niveau magique, l'eau permet de fluidifier les choses, d'éliminer les blocages, et de renforcer les forces vitales. 

 

L'âge du bronze proto-germanique nous a également légué des gravures rupestres hautement intéressantes, gravures qui représentent très souvent le mythe païen de la barque solaire. C'est le navire qui emporte avec lui le soleil vers l'Ouest au-delà de l'océan, afin qu'il puisse renaître le lendemain. Les eaux de l'océan dans ce mythe de la barque solaire, sont associées au principe de la mort. L'eau est ici une force chtonienne terriblement puissante qui véhicule avec elle la mort et le renouvellement cyclique. L'eau donne la vie, mais elle peut aussi l'engloutir. C'est le rôle de Ran, Déesse des océans qui est responsable de la mort de bien des marins. Ran est l'épouse d'Aegir, le géant dont la fonction est de veiller sur la haute mer.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • "Runes" B.A.-BA, Anne-Laure et Arnaud d’Apremont
  • "Heilge Runen", Géza Von Neményi
  • "ALU, an advanced guide to operative runology", Edred Thorsson
  • "Helrunar, ein Handbuch der Runenmagie", Jan Fries

 

Lien :

  • Rituel de la fille de la pluie:https://www.facebook.com/photo.php?fbid=314097122062436&set=a.303290629809752.1073741834.230064080465741&type=3&theater

 

Dimanche 25 Mars 2018