Berkana

Une Rune très Féminine....

Symbolisme du Bouleau...

Comme pour chaque rune, voyons premièrement ses noms dans les langues germaniques et ses dérivés linguistiques.

 

- En germanique commun: BERKANO, BERKANA, signifie "l'entité (la Déesse) du bouleau".

- En gothique: BAIRKAN, signifie "brindille, branche de bouleau".

- En anglo-saxon: BEORC, signifie "bouleau".

- En norrois: BJARKAN, signifie "la Déesse bouleau". 

 

Dérivés linguistiques :

- en vieil-haut-allemand: Birka, le "bouleau".

- en anglo-saxon: Beorgan, "protéger, occulter".

- en norrois: Bjarga, Barg, "protéger, occulter".

- en vieil-haut-allemand: Bergen, "protéger, occulter".

- en allemand: Berg, la "montagne".

- en allemand: Burg, la "forteresse, le château".

- en vieil-haut-allemand: Bar, "nu".

- en norrois: Berr, "nu".

- en anglais: Birch, le bouleau.

- en allemand: die Birke, le bouleau (à remarquer le genre féminin)

- en danois: Birk, le bouleau.

- en néérlandais: Berk, le bouleau.

- en islandais: Birki, le bouleau.

- en norvégien: Bjørk, le bouleau.

- en suédois: Björk, le bouleau.

 

Le terme germanique Berkana vient de l'indo-européen *bher-eg qui signifie "briller, clair, blanc". Ces mots font référence à la couleur du bouleau mais aussi à sa fonction. Le bouleau est en effet un arbre dont l'écorce est blanche, d'où cette notion de blanc brillant, couleur qui symbolise la lumière et la pureté. Cette lumière blanche est celle du printemps et des forces vives qui reviennent après la longue paranthèse hivernale. Dans les traditions païennes des Germains, des Slaves, et des peuples de Sibérie, le bouleau est étroitement associé au printemps et au retour de la vie. 

 

Le genre du bouleau en allemand est féminin, et ce n'est pas un hasard. Le bouleau est l'arbre qui est associé traditionnellement à la grande Déesse. Il couvre de nombreuses fonctions de la Déesse. Le bouleau est la contrepartie féminine de la rune Tiwaz, l'aspect féminin de l'Irminsul. Alors que le graphisme de la rune Tiwaz nous renvoie à l'image très masculine de la colonne soutenant la voûte céleste, celui de la rune Berkana nous renvoie à l'image d'une poitrine de femme. C'est la poitrine de la Terre-Mère, celle qui alimente ses enfants de manière généreuse et abondante. Tiwaz nous connecte avec le ciel et les forces ouraniennes, Berkana, elle, nous relie à la Terre et aux forces chtoniennes et nous parle de fertilité et de fécondité.

 

Berkana symbolise les forces vives surgies des entrailles de la terre. Telle une sève qui remonte depuis les racines jusqu'au bout des branches, l'énergie de cette rune nous invite à la croissance, à l'évolution, et au développement vertical de la vitalité. Elle est l'impulsion de la vie, celle qui pousse par exemple une plante à croître vers le haut. Cette notion de force croissante trouve toute sa valeur et son expression au printemps, période cyclique pendant laquelle s'opère une véritable explosion de la vie dans son aspect le plus positif et le plus exubérant. C'est une image de la générosité de la Terre-Mère, celle qui donne la vie et qui la protège. Elle est une célébration du grand principe cyclique: vie-mort-renaissance. 

 

À ce titre Berkana est la rune qui protège lors des naissances ainsi que pendant la phase de croissance des enfants. Cette idée se retrouve dans certains dérivés linguistiques de Berkana. La forteresse (die Burg) protège des menaces extérieures, "bergen" occulte les forces vives avant de les révéler pour leur laisser libre cours. La rune permet aux forces vives qui étaient en gestation dans le sein maternel, de pouvoir s'ouvrir, s'étendre, et de croître selon le principe de maturation et transformation. C'est ainsi que Berkana est très favorable pour la réalisation d'un projet. 

 

La rune Berkana est connectée aux fonctions de plusieurs Déesses: 

- Nerthus, Jörd, Gerd, comme Terre-Mère, celle qui donne la vie et nourrit sa descendance

- Freya pour son association au printemps et la fécondité.

- Frigga en tant que protectrice des naissances et de la famille.

- Berchta / Holda comme Déesse protectrice.

 

De nombreuses traditions populaires font référence à la force occulte et magique du bouleau. Aux Pays-Bas par exemple, il existait une coutume pour les célébrations printanières du mois de Mai pendant laquelle les jeunes du village poursuivaient les filles avec des branches de bouleau. Une fois attrappées elles étaient fouettées (gentilment) avec ces branches. Ce genre de coutume est une claire survivance d'un ancien rite païen lié à la fécondité. Dans le même esprit, on offrait un rameau de bouleau aux couples récemment unis afin de leurs porter chance et prospérité. En Laponie, le bouleau était l'axis mundi féminin; on prenait un tronc de bouleau, enfonçait un clou sur le haut, et dirigeait le tout vers l'étoile polaire. Chez les chamans de Sibérie existait la croyance que le bouleau comme arbre de vie, connectait de forme magique avec le monde souterrain et les entrailles de la terre. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources : 

  • "Runes" B.A.-BA, Anne-Laure et Arnaud d’Apremont
  • "Heilge Runen", Géza Von Neményi
  • "ALU, an advanced guide to operative runology", Edred Thorsson
  • "Helrunar, ein Handbuch der Runenmagie", Jan Fries
  • "Die Blätter von Yggdrasil", Freya Aswynn

 

Samedi 22 Juillet 2017