Kupala

Déesse Slave des Eaux Solticiales…

Ses Rites Magiques…

Dans la tradition païenne des Slaves, existe de nos jours, et ceci depuis des temps immémoriaux, une fête qui se nomme Kupala (prononcer Koupala ;) ). Cette fête se célèbre au moment du solstice d’été. Selon Grimm, le nom de Kupala remonterait à un ancien Dieu slave de la fertilité du nom de Kupulo. De nos jours on célèbre sous ce nom une Déesse des Eaux liée au solstice d’été, et il semble qu’il puisse s’agir d’une très ancienne Déesse slave. Sa sœur se nomme Kostroma, faisant ainsi des deux Divinités une représentation des deux éléments fondamentaux du solstice d’été: l’Eau et le Feu. 

 

Le nom de Kupala a la même racine que le verbe “koupati” qui signifie “baigner”, terme qui confirme son lien avec l’élément Eau. Pendant les célébrations de Kupala, on se baignait dans les rivières et on se lavait avec la rosée recueillie durant la nuit sacrée du solstice. L’adoration de l’eau et la croyance en sa force mystique étaient un des éléments qui composait le culte de Kupala. 

Ce culte était très présent parmi les peuples païens de tradition slave. Leurs légendes populaires parlent souvent de “l’eau morte” et de “l’eau vive”, dont chacune possède une puissance divine: lorsque le héros de la légende périt du glaive de l’ennemi et son corps gît par terre, coupé en morceaux, la fée l’arrose avec de “l’eau morte”, qui permet à ses membres coupés de se rejoindre; ensuite elle l’arrose avec de “l’eau vive”, qui le ressuscite définitivement. 

 

Les anciens Slaves vénéraient les sources sacrées, près desquelles se trouvaient souvent les lieux de culte et de sacrifice. Dans certaines contrées, à la fin du 19è siècle, se conservait encore la curieuse coutume de demander pardon à l’eau. Pour se guérir d’une maladie, la personne qui demandait pardon à l’eau et jetait dans l’eau un morceau de pain en saluant l’eau et en prononçant par trois fois le charme suivant: “je suis venu chez toi, petite mère-l’eau, avec une tête courbée et repentante ; pardonnez-moi Aïeux et Ancêtres de l’Eau!” Ici se mélangent certaines données chrétiennes et païennes. Le “pardon” est un rajout chrétien, alors que les Aïeux et les Ancêtres de l’Eau sont une référence clairement païenne. 

 

Dans les rites de Kupala, la vénération de l’eau est fondamentale et se conjugue avec des ablutions, des bains de purification, et le jet de couronnes de fleurs dans l’eau. Une statue faite de paille et ornée de rubans et de colliers, était elle aussi décorée avec des fleurs. Au coucher du soleil, on portait la statue de paille en procession vers une rivière où on la noyait, ou bien vers le feu sacré du solstice où on la brûlait. Le culte de Kupala s’accompagnait aussi de l’adoration des arbres, des herbes sacrées, et des fleurs. La statue de paille était placée pendant la fête sous un arbre coupé et fixé dans la terre. On ne laissait à l’arbre que les branches supérieures qui formaient une sorte de couronne autour de la cime. Toutes ces opérations étaient effectuées exclusivement par des femmes; les hommes ne devaient pas toucher l’arbre sacré. Devant cet arbre on sacrifiait en général des coqs, cet animal étant un symbole solaire. 

 

Le côté le plus mystique et mystérieux du culte de Kupala était la quête des herbes et des fleurs magiques. Le matin de la fête, il fallait chercher “l’herbe des larmes” (salicaire), car sa racine a la puissance de dompter les mauvais esprits. Quant-à “l’herbe qui brise” (saxifrage), elle doit être cueillie durant la journée. Elle possède la vertu de briser le fer, l’or, l’argent, et le cuivre en petites miettes, par son simple toucher. Lorsque la faux rencontre cette herbe, elle se brise. Une autre herbe “sans nom” possède une puissance encore plus mystérieuse car l’homme qui la porte sur lui devine les pensées des autres. Mais la véritable herbe sacrée de Kupala, c’est la fougère. D’après les mythes et les légendes populaires, elle ne donne une fleur qu’une fois l’an, et ceci durant la nuit sacrée de Kupala. Cette fleur contient en elle une puissance illimitée. Devant celui qui a la chance de l’avoir cueillie, s’inclinent les rois et les puissants de ce monde. Il domine les mauvais esprits. Il sait où se trouvent les trésors, et a accès auprès des plus grandes richesses et des plus belles femmes. La “fleur de feu”, la fleur de la fougère, est jalousement gardée par les mauvais esprits. Pour la cueillir, il faut aller en forêt avant minuit, l’heure où la fleur magique fait son apparition. Le bouton de la fleur monte le long de la plante comme un être vivant; il mûrit et, exactement à minuit, il éclate avec fracas, en formant une fleur de feu, tellement lumineuse et brillante que les yeux ne peuvent en supporter l’éclat. Le courageux qui veut s’emparer de la fleur doit tracer autour d’elle un cercle magique et ne plus en sortir. Il ne doit pas regarder les monstres dont les mauvais esprits prennent l’aspect pour lui faire peur, ni répondre aux voix qui l’interpellent. S’il le fait, il est perdu. 

Durant la nuit de Kupala, les arbres obtiennent la puissance de sortir du sol, de se déraciner pour se déplacer. Les arbres possèdent le pouvoir de parler entre eux en un langage mystérieux. Seul l’heureux possesseur de la fleur de Kupala, la fleur de feu, peut comprendre ce langage. 

 

Les rites de la Déesse Kupala sont liés à des valeurs profondément symboliques des traditions païennes d’Europe. L’eau, pour commencer, est le symbole de la vie-même, elle est source de toute vie. Au moment du solstice, cette vie se renouvelle, elle se régénère en elle-même et par elle-même. C’est la force ouranienne de la puissance solaire au moment de son apogée qui lui donne cette puissance magique. Le feu représente justement cette force du soleil au moment de sa gloire cyclique. Le feu, tout comme l’eau, est un élément purificateur qui vient régénérer le principe du rythme cyclique de la vie. Les mauvais esprits, comme les Géants de la tradition nordique, sont les forces du chaos qui menacent l’ordre cosmique des cycles. Les fleurs sont, dans ce contexte, une figuration de la vie cyclique et en particulier de la force du soleil conjuguée à celle de la terre. Une fleur qui naît pendant la nuit sacrée du solstice est ainsi hautement sacrée car elle est chargée de toute l’énergie magique du soleil au plus fort de sa vie cyclique. Le cercle que l’on doit tracer pour cueillir certaines fleurs, relève d’une magie symbolique puissante, car le cercle est entre autres un acte de protection absolue. Quant-aux arbres qui se déplacent et qui parlent entre eux, ils sont une image de cette Terre-Mère dont toute la puissance s’éveille lors de cette nuit magique. Ils nous rappellent que la Terre est un être divin vivant que l’on se doit de respecter profondément. Pour l’anecdote, ces arbres mystiques ne sont pas sans rappeler les “Ents” de la célèbre trilogie du Seigneur des Anneaux dont l’inspiration repose en grande partie sur des traditions païennes européennes. 

 

Hathuwolf Harson

 

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Samedi 25 Novembre 2017