Api

La Grande Déesse des Scythes...

Au centre de l’image et à gauche se trouvent deux pièces archéologiques du 4è siècle avant notre ère. Elles remontent aux peuples cavaliers des steppes du sud de l’actuelle Russie. Ces redoutables guerriers connurent leur heure de gloire au 1er millénaire avant notre ère. Ce sont les Scythes. Leur art de combattre à cheval était légendaire dans l’antiquité. Les Scythes (prononcer «skites») étaient des Indo-Européens de la branche irano-aryenne. On les qualifia aussi d’Eurasiens, mais non en raison de caractéristiques ethniques mélangées, sinon en raison de leur situation géographique entre l’Europe et l’Asie. En tant qu’Indo-Européens, les Scythes étaient de race blanche, et véhiculaient avec eux les grands fondements culturels communs à tous les Indo-Européens. Mais ici, ce n’est pas cet aspect que je développerai. Car nous allons justement voir un aspect antérieur à l’héritage indo-européen des Scythes, celui de leur Terre-Mère, leur grande Déesse Api. 

 

Api correspond à la Gaïa des Grecs, la Terre-Mère. Elle est l’expression de la divinité de la terre et de tout ce qui est lié au monde obscur des forces souterraines, des forces responsables de la croissance des plantes, de l’abondance, de la vie, mais aussi de la mort. Elle donne la vie mais elle la reprend aussi. Api reflète en cela l’archétype même de toutes les Terre-Mères dont le leitmotiv est «Vie-Mort-Renaissance», un principe régi par la grande loi païenne des cycles, car tout est cyclique. Cette notion de cycles perpétuels dans le strict cadre chtonien, c’est-à-dire en connexion avec les forces souterraines, possède dans le monde du symbolisme un magnifique représentant : le serpent. Ce dernier est en effet intimement lié à la Terre-Mère. 

La pièce archéologique du centre de l’image illustre parfaitement ce lien entre Terre-Mère et Serpent. La Déesse Api se caractérise ici par des jambes en forme de serpents. Ce sont 3 paires de serpents qui portent la Déesse. La première paire de serpents à la base forme un entrelacs, ce qui renforce le lien avec le monde obscur des forces chtoniennes. Quant-au chiffre 3, il nous rappelle le symbolisme du principe de «Vie-Mort-Renaissance». De plus, il faut également se souvenir que symboliquement le serpent représente l’aspect masculin des puissances souterraines. En associant donc les serpents à la Déesse Api, on peut en déduire que nous sommes avec cette pièce archéologique en présence d’une représentation androgyne de la Terre, dans son double aspect masculin-féminin. Cette union de deux en un, figure la fécondation perpétuelle de la Terre par elle-même en elle-même. 

Et enfin pour finir cette petite analyse, un autre élément symbolique doit être pris en compte. Cette pièce archéologique est en fait la partie de l’armure d’un cheval, c’est la partie frontale qui couvre la face de l’animal. Ce qui nous oblige bien-sûr à considérer le lien très fort qui existait ente les Scythes et leurs chevaux. 

 

Hathuwolf Harson

 

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Mercredi 29 Novembre 2017