Zeus

Zeus et les Origines Cosmogoniques de Panthéon Grec...

Souverain et pas Bisounoursien...

Le Dieu Zeus est la figure majeure des Divinités de la Grèce antique. Il est le Père des Dieux et le roi du panthéon olympien. Il est le Dieu du pouvoir absolu, il est responsable de l’ordre du monde des Dieux et de celui des hommes. Il est le Dieu de la foudre et du tonnerre. Sans lui, le chaos aurait été vainqueur, et l’ordre n’aurait jamais pu voir le jour. Le nom de Zeus vient d’une très ancienne racine indo-européenne qui signifie « Père du ciel diurne », *Deiwos. Et en effet, sa nature première le relie aux forces célestes et lumineuses. De par sa nature il est par excellence un Dieu indo-européen, nature qui le place comme figure archétypale de tous les Dieux ouraniens (célestes). Il est le roi et en tant que tel, il correspond à la fonction souveraine de la trifonctionnalité indo-européenne, et, pour être plus précis, il est à classer dans la partie juridico-légale de cette 1è fonction (voir liens à la fin pour la trifonctionnalité indo-européenne). Zeus a donc un équivalent dans les différents panthéons d’origine indo-européenne : 

  • Jupiter chez les Romains
  • Tiwaz chez les Germains
  • Teutatès chez les Celtes continentaux
  • Mitra chez les Indo-Aryens
  • Etc…

Pour comprendre la fonction primordiale de Zeus, nous devons nous pencher sur ses origines mythologiques. Elles permettent en effet de saisir ce rôle-clé tenu par ce Dieu souverain. Sa position de Dieu du pouvoir absolu nous rappelle d’ailleurs au passage que la conception moderne et très bisounoursienne de la démocratie à tous prix n’a rien de païen, car les panthéons païens d’origine indo-européenne sont structurés selon une stricte hiérarchie pyramidale dont les caractéristiques sont patrilinéaires. Zeus et ses équivalents n’auraient jamais été le Dieu souverain d’une société égalitariste où tout le monde serait beau et gentil… Ceci correspond plutôt à une fumisterie moderne des rouges mais certainement pas à la réalité culturelle et religieuse de nos ancêtres païens. Voyons donc ces lointaines origines.

 

Tout commença il y a très très longtemps alors que l’obscurité régnait sur le multivers. C’était avant le commencement du temps, lorsque l’obscurité créa le chaos. Apparut alors Gaïa, la mère de tout, la Terre-Mère dans son état le plus primitif et le plus originel. Gaïa créa le ciel dans son aspect divin et le nomma Ouranos. Ce dernier se colla à elle de telle manière à former un couple inséparable entouré de l’immensité de l’univers. Le Dieu Éros insuffla chez Ouranos le grand désir d’union, et c’est ainsi qu’Ouranos et Gaïa connurent leur première union sexuelle, une union qui ne fut point la dernière, loin de là. De ces unions naquirent les créatures du chaos primitif, les Titans au nombre de 12, les Cyclopes, les Géants, et les Hékatonchires nommés ainsi parce qu’ils possèdent 100 bras et 50 têtes qui crachent du feu. Au niveau symbolique, ces créatures correspondent aux Thyrses et Géants de la tradition germano-nordique, ainsi qu’aux Fir Bolgs de la tradition celtique insulaire. Les enfants terribles de Gaïa ne peuvent point bouger car ils sont pris en étau entre terre et ciel. Gaïa n’en pouvant plus, décida d’organiser une révolte contre Ouranos. Seul un des Titans répond à l’appel, c’est celui qui s’appelle Cronos. Ce dernier fut à tort ou à raison confondu avec le temps et la destinée, une confusion qui tient la route, car c’est bien à partir de ce moment qu’apparaît la notion de temps, le temps chronologique. Gaïa créa une faucille et la donna à Cronos pour qu’il s’en serve comme arme contre son père Ouranos. Lorsque ce dernier chercha à s’unir sexuellement avec Gaïa, il s’exposa dangereusement et c’est ce moment que Cronos choisit pour attraper le sexe d’Ouranos afin de le trancher d’un coup de faucille. Ouranos pris d’une immense douleur se sépara enfin de Gaïa. Depuis cet instant, le ciel se situa bien au-dessus de la terre, permettant aux Titans, Cyclopes et Géants d’abandonner le sein maternel, leur donnant ainsi le libre mouvement. Il s’en suivit de grandes pluies qui n’étaient autres que les larmes d’Ouranos qui pleurait sur son sort car il avait perdu le pouvoir. Ce pouvoir fut en effet conquis par son fils Cronos. Ce dernier épousa sa sœur Rhéa, qui elle aussi, représente la Terre-Mère, mais dans un aspect moins primitif. 

 

Gaïa avertit Cronos qu’un jour un de ses enfants prendra sa place et le chassera du pouvoir. C’est ainsi que Cronos décida d’avaler chaque enfant que lui donna Rhéa. Symboliquement cela représente le monde divin et le temps qui ne sont pas encore régis par l’ordre, l’univers étant encore sous l’emprise du chaos primitif. Fatiguée et désespérée par l’agissement de son mari, Rhéa enceinte à nouveau décida de s’enfuir et de cacher sa dernière progéniture. Et ce n’est pas de n’importe quel enfant dont il s’agit, puisque c’est de Zeus dont il est question. Rhéa s’enfuit sur l’île de Crète. C’est là qu’elle donna le jour à Zeus, enfant qu’elle confia aux Nymphes. Aussitôt après, elle retourna auprès de Cronos. Ce dernier savait que son épouse était enceinte, et attendait d’elle qu’elle lui présentât le nouveau-né. Rhéa s’était préparée à cette éventualité. Pour tromper son mari, elle lui donna une pierre enveloppée dans un linge d’enfant. Avide comme toujours, Cronos avala sans hésiter la pierre camouflée. Il ne se douta donc point à ce moment là qu’un de ses enfants avait pu survivre. Zeus put ainsi grandir sous la protection de sa grand-mère Gaïa et des Nymphes de l’île de Crète. Sa nourriture est entre autres l’ambroisie que lui apporte un aigle. L’ambroisie est ce qui confère l’immortalité, et l’aigle symbolise le pouvoir souverain. Il boit aussi le lait de la chèvre appartenant à la nymphe Amalthée, chose que Zeus n’oubliera jamais puisqu’il transformera plus tard la nymphe et sa chèvre en une constellation qui sera connue sous le nom de Capricorne. La situation devint avec le temps périlleuse pour Zeus, car Cronos entre temps se douta de la tromperie dont il avait été l’objet, et se mit à la recherche de son enfant. Il le chercha partout, sur terre, sous terre, et dans les mers. Il ne le trouva point car il était bien caché dans une grotte du mont Ida, grotte qui était gardée par des créatures faisant énormément de bruit afin de couvrir les cris de l’enfant. Les années passèrent. Le désir de vengeance grandit en même temps que Zeus car sa mère lui avait conté les agissements cruels de son père. 

 

Une fois adulte, Zeus reçut le conseil d’une Nymphe avec enthousiasme, et le mit aussitôt en pratique. Sans présenter sa véritable identité, Zeus donna à son père Cronos une boisson qui fait vomir. À peine ingérée, la boisson fit son effet, et Cronos commença par vomir la pierre, puis termina par rendre tous les frères et sœurs de Zeus que Cronos avait avalé. Fou de rage d’avoir été ainsi trompé, Cronos incita tous les Titans contre Zeus. Les frères et sœurs de Zeus s’unirent bien-sûr à leur frère. L’affrontement était inévitable…6 Olympiens contre 12 Titans. Le combat commença…et il allait durer longtemps, très longtemps, puisque Olympiens et Titans menèrent un combat de plusieurs siècles. Gaïa organisa alors une alliance entre Cyclopes et Olympiens. Les Dieux s’allièrent ainsi à la force primitive et brutale des Cyclopes afin d’affronter l’autre force primitive et brutale, celle des Titans. Les Cyclopes offrirent à Zeus la plus puissante des armes imaginables, une arme de destruction massive, la foudre. Olympiens et Cyclopes finirent par gagner la lutte. Mais cette victoire ne fut pas définitive. Car en effet Gaïa, dont l’humeur peut être très changeante, reprocha à Zeus d’avoir mis à l’écart les Titans, créatures qui sont aussi ses enfants. Cette humeur changeante et imprévisible de la Terre-Mère n’est pas une exception, et elle se retrouve même dans toutes les traditions païennes. Car la Terre-Mère donne certes, mais elle reprend aussi. Elle prodigue aussi bien la vie que la mort, accomplissant ainsi la loi éternelle des cycles de vie-mort-renaissance. Gaïa décida donc d’encourager les Géants à affronter les Olympiens. C’est ainsi que commença une nouvelle guerre interminable, cette fois-ci entre les Dieux et les Géants. Zeus décida de s’allier aux hommes afin de vaincre les terribles Géants du chaos. Il s’unit sexuellement avec la princesse de Mycènes, et cette dernière enfanta un demi-Dieu d’une force incroyable, un héros solaire qui fera beaucoup parler de lui…Héraklès. Chaque Géant blessé par Zeus est alors achevé par Héraklès. Ses flèches ne laissent aucune chance aux Géants. Et c’est ainsi que les Dieux purent vaincre encore une fois leurs ennemis. Pour célébrer cette grandiose victoire, Zeus fit dresser tel un monument la pierre que Cronos avait jadis avalé en pensant que c’était le nouveau-né Zeus. C’est à Delphes que se dressa cette pierre mythique qui portera le nom d’Omphalos, le centre du monde, pilier de la stabilité qui soutient le monde, et garant de l’ordre divin. 

 

Malgré tout, Gaïa ne voulut point se rendre à l’évidence et accepter sa défaite. Et commença alors le 3è défi pour Zeus et les Olympiens. Pour se venger de la perte de ses enfants, Gaïa fit alliance avec la plus terrible des créatures du Tartare, région la plus infernale du monde chtonien, avec la créature qui répond au nom de Typhon. Dans ses yeux brûlent un feu dévorant, sa tête atteint les étoiles, et ses bras s’étendent de l’orient à l’occident. De ses membres inférieurs surgissent des serpents. Lorsque Typhon s’approcha de l’Olympe, les Dieux s’enfuirent pris de panique. Ils allèrent jusqu’en Égypte où ils se transformèrent en animaux. Apollon se changea en milan, Hermès en ibis, Arès en poisson, Dionysos en chèvre, et Héphaïstos en taureau. Zeus se retrouva donc tout seul pour faire face à Typhon. Alors que ce dernier cherchait en Méditerranée ses ennemis, Zeus prit à bout de bras le volcan Etna et le lança sur Typhon, l’enterrant ainsi sous le volcan. Zeus signa de cette manière sa 3è victoire sur les forces du chaos. Il serait désormais l’indiscutable roi des Dieux, détenteur du pouvoir absolu et garant de l’ordre cosmique. Zeus devint maître des cieux, son frère Hadès le maître des régions infernales, et son autre frère, Poséidon, le maître des mers. Une stricte hiérarchie put ainsi s’établir dans le monde des Dieux, une hiérarchie qui elle aussi devait assurer la survie du plus sacré des principes : l’ordre. 

  


Zeus et Léto...

Jour et Nuit...

Comme nous l’avons déjà vu à plusieurs reprises, dans le panthéon de la tradition grecque, Zeus est le Dieu du ciel diurne, le Dieu de la première fonction souveraine indo-européenne. Le nom même de Zeus vient d’une très ancienne racine indo-européenne qui signifie Père du Ciel Diurne. C’est le même cas pour d’autres Dieux souverains hérités des traditions indo-européennes, des Dieux comme Tiwaz, Jupiter, Dyaus Pitar. Zeus était aussi appelé «le Lumineux» en tant que Dieu du ciel lumineux diurne par opposition à Ouranos «le ciel étoilé de minuit». Les Crétois quant-à eux nommaient le jour Zeus. 

 

Zeus eût de nombreuses aventures amoureuses, et l’une d’entre elles est celle où l’on voit le Dieu s’unir avec Léto. Cette dernière possède un parallèle dans la tradition védique des Indo-Aryens, la Déesse de la nuit Râtri, ce qui fait de Léto probablement une version archaïque de la Déesse de la nuit. Ceci est confirmé d’ailleurs par le fait que la Déesse Héra, légitime épouse de Zeus, avait interdit à toutes les terres d’accueillir Léto et décrété que ses enfants ne devaient pas naître dans un lieu où brillait le soleil. Les enfants de Zeus et de Léto naîtront sans problème majeur. Ces divins enfants seront fils du jour et fille de la nuit, ils se nommeront Apollon et Artémis. Et en effet, les profils de ces Divinités majeures du panthéon grec correspondent exactement à ces caractéristiques : Apollon est le Dieu de la lumière solaire tandis qu’Artémis est la Déesse de lumière lunaire. Dès qu’Artémis fut née, elle exerça ses talents de sage-femme en aidant son frère Apollon à naître. Ceci peut être interprété comme une allégorie du soleil qui naît de la nuit, car le soleil est enfant de la nuit. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Jeudi 30 Novembre 2017


Une des 7 Merveilles...

Splendide représentation graphique du grand Dieu Zeus. Nous la devons à nos amis païens de la tradition grecque. Cette statue de Zeus reflète l'original qui se trouvait au temple d'Olympie, et qui fut détruite par la haine des premiers chrétiens sur ordre de Théodose II en 426. Cette statue de Zeus était une des 7 merveilles de l'antiquité. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Jeudi 30 Novembre 2017