Þór - Donar

Profil, Caractéristiques et Origines...

Le Dieu Thor (þórr en langue viking, le norrois) fut rendu célèbre au 20ème siècle par les comics de Marvel, et au 21ème siècle par les films hollywoodiens inspirés de Marvel. Ce Thor moderne se base en partie sur la mythologie nordique, mais possède aussi de nombreux rajouts qui n’ont rien de commun avec la Divinité des textes anciens. À nous de voir d’un peu plus près qui est vraiment Thor, ses origines et ses caractéristiques au travers des mythes germano-nordiques. 

 

Le Dieu Thor était commun et très populaire chez tous les peuples germaniques. Son nom variait selon ces peuples mais fut toujours lié étymologiquement à ses origines. Chez les Scandinaves, il se nommait þórr (þ=Th), Donar / þonar chez la plupart des Germains continentaux, þunaer chez les Saxons, þunor chez les Anglo-saxons. Ces noms remontent au germanique commun *þunraz qui signifie «Tonnerre». Ce mot «tonnerre» se retrouve dans différentes langues indo-européennes: tanyati (sanskrit), tennei (grec éol.), tonat (il tonne en latin). Le propre mot français «tonnerre» en est lui-même issu. Thor possède son équivalent dans toutes les traditions païennes d’origine indo-européenne: le Dieu Taranis chez les Celtes gaulois, Indra chez les Indo-Aryens, Perkûnas chez les Baltes, Tarhun chez les Hittites, Mars chez les Romains, Arès chez les Grecs, Perun chez les Slaves,… La figure divine originelle se serait nommée chez les Indo-Européens *Maworts (voir liens à la fin). 

 

L’ORAGE : Selon ces étymologies, il est donc clair et évident que Thor est avant tout le Dieu du tonnerre et de la foudre. Le char sur lequel se déplace le Dieu et le bruit qu’il génère sont associés au grondement du tonnerre. Les Vikings le nommaient pour cela «Karms Týr», le Dieu du char, et disaient de lui «sitr þórr i reiðu» (Thor siège dans le char). L’aspect orageux du char est renforcé par celui des animaux qui le tirent, les boucs. Le bouc est impétueux, coléreux, combatif, et correspond à plus d’une caractéristique symbolique du Dieu Thor qui s’appelle aussi «Hafra dróttin», le seigneur des boucs. 

 

LE FÉCONDATEUR : Dans toutes les traditions païennes, les Dieux de l’orage sont aussi de grands fécondateurs, et Thor n’échappe point à cette règle. L’orage apporte la pluie, c’est l’eau céleste qui vient féconder la terre et ses champs, l’élément liquide sans lequel la vie ne pourrait pas germer. Les anciens avaient pour coutume de promener une représentation de Thor sur les champs afin que sa force fécondante consacre les cultures. Il était en cela un peu le concurrent de Freyr, Dieu de la fécondation par excellence. Le marteau du Dieu, Mjölnir, servait aussi lors des cérémonies de mariage où il fallait le poser sur les genoux de la promise afin qu’elle soit bénie par la puissance fécondante de Thor. Il faut quand-même préciser ici que la fécondation ne reste qu’un aspect secondaire du Dieu, ce n’est pas son rôle principal, loin de là même. Car Thor est d’abord un guerrier. Son épouse Sif, dont la chevelure d’or nous rappelle son origine ouranienne et solaire, serait liée à la végétation et à sa croissance. Avec Sif, le Dieu Thor a une fille du nom de þrúðr (la force de ce qui croît). Avec Járnsaxa, il a un fils du nom de Magni (la puissance du combattant) qui symbolise la vigueur active. 

 

LA FORCE GUERRIÈRE : S’il y a bien un aspect qui caractérise grandement Thor, c’est la force, la vigueur. Il est le plus fort des Dieux et des hommes («sterkastr allra goðanna ok manna»). Lorsqu’il entrait dans sa fureur guerrière, on disait de lui qu’il était tellement grand que sa tête touchait le ciel. Les anciens le nommaient à ce titre «þrúðugr áss» (l’Ase vigoureux). L’arme de Thor, le marteau Mjölnir avec lequel il génère la foudre, est aussi appelé «þrúðhamarr», le marteau vigoureux. Son nom Mjölnir signifie le «concasseur», une arme prodigieuse qui, une fois lancée sur un ennemi, revient toujours d’elle-même dans la main de son possesseur. Le Dieu possède une ceinture magique qui lui donne une puissance extraordinaire, son nom est «Megingjörð», la ceinture de la puissance qui double son «ásmegin» (sa force d’Ase). Il existait d’ailleurs un pléonasme pour désigner le Dieu: «þrótt-öflugr» (fort de vigueur), ce qui met encore plus l’accent sur la force extrême qui caractérise Thor. Mais la force n’est rien sans le courage qui l’anime, et à ce titre Thor se définit également comme la personnification du courage absolu. Cet aspect est contenu dans le mot «Móðr» qui englobe les notions de «colère» et de «courage», c’est un mouvement impétueux du sang, un emportement d’où sortent l’effort et le courage. La colère produit le courage, elle le fait jaillir comme une étincelle, elle est l’expression de la combativité. Le móðr est donc une vertu typiquement guerrière. La colère fait gonfler le Dieu, elle le fait entrer dans sa force d’Ase, à tel point que sa taille en est décuplée. 

Cette puissance liée au Dieu Thor se retrouve symboliquement dans la poitrine, le cœur, endroit d’où proviennent l’excitation et l’ébullition qui accompagnent la force divine. Thor est ainsi le Dieu des fonctions actives. Il est un guerrier sans reproche. Prompt et emporté, il a tout de suite la main sur son arme lorsqu’il s’agit de régler une querelle. Il est brutal et ferme dans ses décisions. Il est l’ami des hommes, le Dieu sur lequel on peut toujours compter, car il est stable comme un roc. Ceci le différencie d’ailleurs beaucoup du Dieu Odin (Óðinn) qui se caractérise par le mouvement et l’inconstance. Thor est le grand défenseur d’Ásgarðr (le monde des Dieux) et de Miðgarðr (le monde des hommes). En revanche, il est l’ennemi juré des forces étrangères issues d‘Utgard (le monde extérieur). Thor est un «ástvinr», un ami du cœur, dont le bras protecteur s’étend sur les hommes comme une promesse de sécurité. 

Sa barbe rousse est elle aussi à rapprocher de la force du guerrier, la barbe symbolisant la force virile, et la couleur rouge étant traditionnellement liée à la guerre. Cette symbolique guerrière du rouge est présente dans toutes les traditions indo-européennes. Le rouge c’est la force du sang et de la vie, l’ardeur, la violence, la colère et le feu. On disait de Thor: «þikki mér ór augum eldr of brenna» (Il me semble que le feu brûle hors de ses yeux). 

Le swastika fut le symbole traditionnellement associé au Dieu Thor, ceci depuis les premières périodes de l’âge du fer. Même si la croix gammée désignait tous les Dieux ouraniens de manière générale, on a quand même pu constater que ce symbole avait des affinités particulières avec Thor et la puissance solaire qu’il représente. 

 

ENNEMI DES GÉANTS : Thor est le grand ennemi des Géants. Ces derniers sont l’incarnation des forces brutes et primitives du chaos, ennemis de l’ordre divin. L’anarchie n’est pas du goût de Thor, car il est le défenseur suprême de l’ordre, l’ordre cosmique, l’ordre cyclique, et l’ordre naturel des choses. Les textes anciens parlent énormément des expéditions punitives organisées par Thor pour aller châtier et tuer des Géants. La haine des Géants est une constante chez le Dieu Thor. Les Géants sont la préoccupation permanente du Dieu. Une des grandes satisfactions de Thor, est de pouvoir fracasser des crânes de Géants. Les questions intellectuelles ne sont pas du goût du Dieu, car de lui on peut dire «qu’au commencement était l’action», et rien que l’action. Préserver l’ordre divin est son seul soucis. Presque tous les mythes illustrent l’hostilité de Thor envers la race des Géants. Certains de ces Géants sont connus par ces mêmes mythes, ils se nomment Hymir, þrymir, þiazi, Geirroðr, ou encore Hrungnir. 

Une autre créature gigantesque et ténébreuse est l’ennemi par excellence de Thor. Cette créature est le serpent Jörmungandr, un serpent tellement énorme qu’il s’enroule tout autour de la terre pouvant ainsi se mordre la queue. Ce serpent, dans lequel on reconnaît sans problème un ouroboros, est un des êtres majeurs du monde chtonien des forces du chaos. Thor s’affronta plusieurs fois à Jörmungandr. Lors d’une célèbre partie de pêche, il faillit d’ailleurs le tuer, mais put finalement se réfugier au fond des océans. Lors du Ragnarök, le crépuscule des Dieux, terme qu’il vaut mieux traduire par «destin des puissances», le Dieu Thor tombera face au grand serpent de Midgard, et les deux s’entretueront. Cet affrontement entre Thor et le serpent monstrueux n’est pas sans rappeler un thème très indo-européen, celui du combat entre le héros solaire et le dragon. 

 

Pour conclure ici, on peut affirmer sans hésitation que Thor est le Dieu de la guerre du panthéon nordique, correspondant en cela à la 2è fonction indo-européenne, celle de la noblesse guerrière. Týr et Óðin sont aussi des Dieux de la guerre, mais pas dans une fonction active tel que l’est Thor. Týr est l’aspect juridico-légal de la fonction souveraine, et Óðin l’aspect magico-religieux de la fonction souveraine. Óðin par exemple ne combat pas physiquement lors des guerres, il emploie la magie dans la bataille. Alors que Thor s’investit corps et âme dans la guerre. 

Ainsi se présente donc le Dieu. THOR est orage, tonnerre, puissance céleste, force physique, brutalité agressive, violence salutaire, grand défenseur des Dieux et des hommes, amant de l’ordre divin, ennemi juré du chaos, il est l’ami des guerriers, il est l’éternel combattant, il est…THOR.

 

Hathuwolf Harson

 

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Dimanche 19 Novembre 2017


Des nuages sombres couvrent le ciel. Des orages grondent au lointain. De terribles éclairs illuminent l’obscurité céleste. Une pluie intense vient féconder la terre. Le tonnerre fait écho au rugissement du marteau divin. Le temps du Dieu Thor a sonné.

 

Le Dieu Thor est certainement le plus connu de tout le panthéon nordique. Au 20ème siècle Marvel a beaucoup contribué à cette réputation mondiale. Même si le personnage de bande dessiné, et porté au cinéma par Hollywood, ne correspond pas toujours dans les détails aux réalités religieuses de la tradition païenne, il reste tout de même proche de l’image que s’en faisaient les anciens. 

 

Le nom de Thor est issu du norrois þórr. Chez les Germains des origines, il se nommait Donar. Chez les Anglo-Saxons, son nom était Thunaer, et en vieil anglais Thunor. Tous ces noms ont la même origine étymologique sacrée venant du proto-germanique *þunraz: le tonnerre. Cette lointaine étymologie remontant à l’indo-européen a laissé des traces évidentes dans nos langues modernes : Tonnerre (français), Trueno (espagnol), Thunder (anglais), Donner (allemand), Tuono (italien), Torden (danois), Donder (néerlandais), … À la lumière de cette racine linguistique, on peut affirmer que l’image la plus ancienne du Dieu Donar / Thor est celle qui l’associe au grondement du tonnerre et par conséquent aussi à la foudre et à la pluie. La symbolique de ces éléments naturels va très loin et mérite un petit détour.

 

Le char du Dieu Thor traversant les cieux tourmentés fait un bruit assourdissant, un vacarme terrible que l’on peut seulement comparer au grondement du tonnerre. On dit alors que Thor part en lutte contre les Géants du chaos. Cet adage nous mène vers la caractéristique majeure du Dieu, car c’est bien ce qui définit la nature même de Thor : son aspect guerrier. Il est un Dieu qui est en perpétuelle lutte contre les Géants, il mène contre les forces du chaos une guerre sans fin. Il est le plus fort de tous les Dieux. Sa force est immense et sans pitié, il terrasse ses ennemis avec fureur et détermination. Il préserve ainsi l’ordre divin contre le chaos des puissances chtoniennes. Il est le protecteur d’Asgard, le monde des Dieux, et de Midgard, le monde des hommes. La tradition germano-nordique étant en grande partie d’origine indo-européenne, il est intéressant de noter au passage que le Dieu Donar / Thor relève de la 2è fonction indo-européenne, la fonction guerrière. Des parallèles évidents ont pu s’établir avec les Dieux issus d’autres traditions indo-européennes comme Perkunas (Baltes), Perun (Slaves), Taranis (Celtes-Gaulois), Mars (Romains), Arès (Grecs), Indra (Indo-Aryens), Teshub (Hittites)… La barbe rousse qui caractérise le Dieu Thor n’est pas non plus le fruit du hasard, car la couleur rouge symbolise la fonction guerrière dans les traditions indo-européennes. Au premier siècle de l’ère vulgaire, les Romains avaient comparé le Dieu germanique Donar à Hercule, un parallèle intéressant car il nous rappelle que Donar aurait possédé à l’origine une massue comme arme préférée, tout comme l’Hercule de la tradition romaine. De plus, Donar et Hercule partageaient plus d’une caractéristique comme la force et la fougue guerrière, ce qui permit aux Romains cette comparaison. 

 

Dans la tradition nordique, le Dieu Thor est le fils du Dieu Óðin, le souverain des Dieux. Sa mère est Jörð, la Terre-Mère. Thor est donc le fruit de l’union entre les forces ouraniennes et chtoniennes, les forces d’en-haut et celles d’en-bas, il est le fruit de l’équilibre parfait des puissances cycliques. Son frère est Balder, le Dieu solaire de la lumière. Les enfants de Thor définissent très bien le profil du Dieu : Móði (le courroucé, celui qui est en colère), Magni (le fort), Thrúðr (la puissante). La femme de Thor est Sif, la Déesse aux cheveux couleur or. L’or, métal noble par excellence, est un symbole des forces solaires ouraniennes, un symbolisme qui rejoint parfaitement celui du Dieu Thor. 

 

Les mythes anciens parlent de très nombreuses aventures dans lesquelles le Dieu Thor est régulièrement accompagné par Loki. Cette association n’est pas due au hasard, car elle réunit les contraires : Thor est l’image de la droiture, de l’honnêteté, de l’esprit combatif, de la force brutale, de la franchise, alors que Loki incarne la ruse, l’esprit agile et alerte, l’intrigue, et la fourberie. On pourrait presque dire qu’ils se complètent l’un et l’autre, ce qui peut être osé lorsqu’on sait que les deux dans le fond ne s’apprécient pas du tout. Mais ne dit-on pas que les contraires s’attirent ?... 

 

Thor habite Thrúðheimr, nom qui se traduit par « foyer de la force », ce qui nous renvoie une fois de plus à la puissance physique du Dieu. Il possède un char tiré par deux boucs, Tanngrísnir et Tanngnjóstr, dont les noms signifient « qui montre les dents » et « qui fait grincer les dents », noms qui font référence à l’aspect combatif des boucs. Thor possède aussi une ceinture de force qui décuple sa puissance à la guerre. Son gant de fer lui permet de manipuler l’arme qui le caractérise par excellence : son marteau Mjölnir. Le « concasseur » est la traduction du nom de Mjölnir, car en effet, le marteau de Thor est une arme redoutable terrassant ses ennemis de mille éclairs. Le marteau est sans doute aucun le symbole majeur du Dieu Thor. Il le fut à tel point, que durant la période viking il fut utilisé comme amulette-symbole par les Nordiques fidèles aux Dieux de leurs pères, l’opposant ainsi au crucifix des chrétiens. Le pouvoir destructeur et foudroyant de Mjölnir est terrible, il fait trembler les Géants et autres puissances du chaos. Mais le marteau de Thor ne fut pas uniquement une arme, il était bien plus que cela. Durant le rituel païen du mariage, il était coutume de consacrer l’union du couple au moyen d’un Mjölnir. La force magique du marteau devait par ce biais donner la fécondité au couple marié, la promesse de beaux enfants à venir, une descendance forte et pleine de santé. L’association symbolique entre une arme destructrice et un objet d’union amoureuse peut au premier abord surprendre. Et pourtant elle s’explique parfaitement, car le profil de Thor déborde largement les limites de la pure fonction guerrière, le Dieu est aussi en relation intime avec la 3ème fonction indo-européenne, celle classée comme fonction de production-reproduction. Lorsque Thor dans les cieux fait rugir son marteau, il provoque un phénomène de fécondation vital pour la terre : la pluie. Accompagnant la foudre et le tonnerre, la pluie vient féconder la terre, une pluie sans laquelle la vie ne pourrait plus exister. Cet aspect qui associe Thor et la pluie, est l’élément principal qui relie le Dieu à la notion de fertilité-fécondité de la 3è fonction indo-européenne. Ceci dit, il faut quand-même souligner que l’aspect guerrier reste l’élément principal qui caractérise Thor. 

 

Étant le Dieu le plus fort de tous les Ases, on aurait pu s’attendre à qu’il soit aussi un souverain, un roi des Dieux. Et pourtant il n’en est rien. Les anciens disaient à ce propos que le Dieu Óðin était pour les puissants et les souverains, alors que Thor était pour le peuple. Et en effet, chez les Nordiques, les guerriers ne l’étaient pas à plein temps, loin de là même, car ils étaient aussi et avant tout des paysans ou des commerçants. On retrouve ici justement l’association du Dieu Thor à la 2è et à la 3è fonction indo-européenne, guerrier et paysan à la fois. C’est peut-être d’ailleurs à ce titre que les anciens Nordiques associaient au Dieu Thor le symbole du swastika, le symbole solaire et ouranien de la victoire des forces cycliques. 

 

Le Dieu Thor est évoqué dans de nombreux textes anciens et ses aventures méritent que l’on s’y attarde car elles nous parlent non seulement de la forte personnalité du Dieu, mais plantent aussi tout un « décor » magico-religieux, un contexte dans lequel on reconnaît bien la Weltanschauung (la vision du monde) des anciens païens de la tradition nordique. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources : 

 

Dimanche 19 Novembre 2017


Jarðar Sunr

Dans les textes anciens, c'est ainsi que Snorri appelle le Dieu nordique Thor (þórr), "Jarðar Sunr", ce qui se traduit par "Fils de Jórðr", fils de la Terre-Mère. Ceci est certainement une des raisons pour laquelle le Dieu Thor apparaît toujours très lié au monde des hommes et à la Terre du milieu. Le Dieu Thor ainsi que nous les hommes, sommes tous fils de la Terre, notre Mère. Nous partageons avec le Dieu ce point commun.

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

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Mercredi 6 Décembre 2017


Hercules Magusanus…

Le Dieu Germanique Donar…

Deux pièces de monnaie datées de 261 de l’ère vulgaire trouvées à Köln (Cologne – Allemagne), deux bracelets trouvés à Köln et à Bonn (Allemagne), une pierre votive en Dacie (Roumanie), 9 pierres votives trouvées dans le Sud de l’Allemagne et aux Pays-Bas, portent une dédicace à Hercules Magusanus. Ces dédicaces furent toutes datées entre les 3ème et 4ème siècles de l’ère vulgaire. Bien que la traduction de ce nom n’a pas mis tous les spécialistes d’accord, il est communément admis qu’on peut le traduire par “Hercule le puissant”, issu du germanique *Maguz-naz (celui à qui appartient la force). 

 

La plus grande partie de ces dédicaces à Hercules Magusanus ont été attribuées au peuple germanique des Bataves, un peuple qui très tôt avait choisi la collaboration avec Rome. Mais bien que ces Germains du Sud avaient embrassé la culture romaine, ils n’en avaient pas pour autant oublié leurs Dieux pour lesquels ils avaient adopté la “interpretatio romana”. C’est ainsi que le Dieu Donar fut comparé au Hercule romain, comparaison que Tacite avait déjà mis en avant au 1er siècle de l’ère vulgaire. C’est donc sans doute aucun que ces dédicaces à Hercules Magusanus font en fait référence au Dieu germanique Donar, celui qui sera plus tard nommé Thor par les Vikings. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source : 

 

Lundi 20 Novembre 2017


Ódin et Thor…

Opposés et Complémentaires…

Dans divers articles, nous avons vu respectivement les aspects fonctionnels des Dieux germano-nordiques Wotan/Óðin et Donar/þórr. Nous allons à présent comparer ces deux Divinités essentielles afin de pouvoir les définir un peu mieux. Ils sont les principaux Ases du panthéon germano-nordique. Wotan/Óðin est le Dieu souverain de la 1è fonction dans son aspect magico-religieux, tandis que Donar/þórr est le Dieu de la 2è fonction, celle de la guerre. Sous une apparente opposition, ces deux Dieux sont en fait très complémentaires.

 

  • ODIN / THOR
  • Père - Fils
  • Vieux - Jeune
  • Barbe-grise - Barbe-rousse
  • Air - Feu
  • Mouvant - Constant
  • Inquiétant – Bienveillant
  • Cheval – Char
  • Volage – Fidèle
  • Magie – Force
  • Cerveau – Cœur
  • Science – Athlète
  • Chef – Exécutant
  • Stratège – Frappeur
  • Ascète – Bon-vivant

 

Ils s’opposent et se complètent. L’élément naturel d’Odin est l’air, celui de Thor est le feu. Odin est très changeant, il se meut comme le vent. Il porte de nombreux noms différents et aime se déguiser en vieil homme voyageur lorsqu’il visite le monde des hommes. Il est de nature inquiétante lorsqu’il manipule le destin des Grands de ce monde. Il n’est pas toujours digne de confiance car Odin donne avant tout priorité aux buts qu’il s’est fixé et non au bonheur des hommes. Il est le Dieu des Jarls, les seigneurs et les élites de la société humaine. Thor est le Dieu des Karls, les nobles guerriers. Odin utilise dans les guerres la magie et non la force. Alors que Thor est le maître suprême de la force physique, il est le guerrier toujours prêt à frapper fort les races ennemies. Thor est l’ami bienveillant des hommes qu’il protège contre vents et marées. Il est fidèle en amour comme dans le reste de la vie. Il est la stabilité et la fermeté. C’est un jouisseur car il aime la bonne nourriture et en grandes quantités, alors qu’Odin relève du profil d’un chaman aux règles ascétiques. La puissance d’Odin vient de l’esprit, celle de Thor vient du cœur.

 

Mais, malgré toutes ces oppositions, Odin et Thor ne pourraient exister l’un sans l’autre, ils se complètent dans tous les aspects, formant ainsi une harmonie nécessaire à la sauvegarde de l’ordre cosmique. Un cerveau ne s’aurait vivre sans le cœur, tout comme le cœur ne serait rien sans le cerveau…

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Lundi 20 Novembre 2017


þórr !