Óðin - Wotan

Óðin, Wotan, Wodanaz…

Le Dieu Souverain aux mille visages…

Les multiples aspects du Dieu… c’est bien ce qui caractérise Óðin, cette grande variété de profils que le Dieu accumule dans les mythes et les textes anciens. Grimnir est un de ses très nombreux noms, il signifie «le masqué». Ce nom met en lumière toute la capacité du Dieu à changer d’aspect et de rôle. Óðin ne se présente jamais sous son vrai nom, il utilise par contre plus d’une centaine de noms différents, qui tous, sont révélateurs d’une partie de sa personnalité. Chaque article analysera ses principaux aspects un par un. Ces aspects sont les suivants : 

 

  • Dieu souverain
  • Dieu guerrier
  • Dieu séducteur et Père de tous
  • Dieu des morts
  • Dieu de l’ivresse poétique
  • Dieu de la magie
  • Dieu lieur
  • Dieu de l’esprit
  • Dieu borgne
  • Le Dieu et les éléments
  • Óðin et Mercure

 

 

Comme on peut le constater, il possède plus d’un aspect le Dieu Óðin ! Il en devient parfois insaisissable comme le vent, élément naturel auquel on l’associe. Mais il ne faut pas désespérer, car il existe un Óðin qui, lui oui, est constant et qui par conséquent peut être compris et assimilé. Sa position au sein de la trifonctionnalité indo-européenne permet une bonne approche de sa fonction véritable et de son rôle dans le panthéon germano-nordique. Il est le Dieu souverain, de la 1è fonction indo-européenne, la fonction royale. Cette fonction royale se subdivise en deux aspects complémentaires, le souverain de l’aspect juridico-légal, et le souverain de l’aspect magico-religieux. Or, Wodan / Óðin est justement le Dieu de cette fonction magico-religieuse au sein de la fonction souveraine. Óðin est ainsi le roi des Dieux, un roi dont les «spécialités» sont la magie et la religion. Ceci forme sans l’ombre d’un doute l’aspect constant du Dieu dont je parlais ci-dessus. En tant que roi des Dieux, Óðin est avant tout vénéré par les rois, les nobles, et les grands chefs des clans. Il n’est pas le Dieu du peuple, rôle plutôt réservé au Dieu Donar / Thor. Óðin est perçu par le peuple comme un Dieu distant et inconstant dans son aide. Il est le Dieu des élites. Il aime à jouer avec le destin des grands de ce monde, destin qu’il manipule souvent avec sagesse mais aussi avec ruse et dureté. Óðin ne fait pas de cadeaux car son souci premier est de préserver l’ordre naturel des choses, tout est mis en œuvre pour atteindre ce but, et cela coûte souvent de terribles sacrifices. Le sentimentalisme extrême de notre moderne société bisounoursienne ferait certainement hurler de rire le Dieu Óðin. Ses sentences ne s’embarrassent pas de niaiseries comme l’amour du prochain, concept complètement inconnu dans le culte à Óðin. Il ne connaît qu’une loi : un but à atteindre… quel que soit le sacrifice…point ! Le Dieu Óðin sait de quoi il parle lorsqu’il demande des sacrifices, car lui-même s’est sacrifié à l’arbre du monde, l’arbre Yggdrasil, pendant 9 jours et 9 nuits. Il a également sacrifié un œil qu’il a donné en offrande à Mimir, au puits de la connaissance. La magie demande toujours un prix, elle n’est pas gratuite. Pour Óðin, maître des arts magiques, il ne pouvait en être autrement. Mais rien n’est trop cher pour préserver l’ordre, l’ordre des hommes et celui des Dieux, l’ordre cosmique, l’ordre cyclique, l’ordre qui s’oppose au chaos des forces primitives. 

 

Les noms historiques du Dieu dans les langues germaniques sont les suivants :

 

  • En germanique commun : WODANAZ
  • En anglo-saxon : WODEN
  • En ancienne langue franque : WODAN
  • En vieil-haut-allemand : WUOTAN, WOTAN
  • En norrois : OÐINN
  • Chez les Goths : GAUTR

 

 

Le nom germanique originel est celui qui permet la meilleure analyse étymologique. WODANAZ signifie «celui qui maîtrise (*an) la fureur (*wod)». La fureur en question, terme que l’on retrouve en allemand moderne avec «die Wut», c’est la fureur extatique qui possède le guerrier durant le combat. Une étymologie révélatrice d’un Dieu qui ne tend pas l’autre joue ;) .

Je vous remets ici mon article sur l’étymologie du nom de WODANAZ…

 

Les textes anciens ainsi que quelques inscriptions runiques mentionnent plus de 170 noms différents pour le Dieu germano-nordique Óðin (prononcer Ódhinn). Cette grande quantité de noms est révélatrice des multiples aspects d’Óðin. Le profil de ce Dieu est compliqué car il est très riche par ses nombreuses facettes. Óðin est un Dieu souverain correspondant à la fonction royale de la tripartition indo-européenne. Il est fort probable qu’à l’origine, à l’époque proto-germanique, bien avant les grandes migrations germaniques, Óðin ait partagé le trône de la fonction souveraine avec le Dieu germanique Tiwaz qui survécut dans la tradition nordique comme Týr. Voici de manière très résumée les quelques aspects principaux du Dieu Óðin : il est le père des Dieux, le Dieu des poètes, le Dieu des héros morts au combat, un Dieu de la guerre, le Dieu de la magie et de l’extase, le Dieu de la sagesse et de la connaissance des runes. Et pour cerner d’un peu de plus près tous les aspects de ce grand Dieu de la tradition germano-nordique, quoi de mieux que d’étudier l’étymologie et le contexte de tous ses noms ?

Commençons pour ceci par son nom usuel, celui par lequel il est connu de tous, Óðin :

 

WODANAZ-ÓÐIN…

Le nom d’Óðin est en fait la dernière évolution linguistique au cours de sa longue histoire. À l’origine, au sortir de l’âge du bronze, le Dieu se nommait *Wodanaz. Puis, selon les différences linguistiques des langues germaniques, son nom évolua sous différentes formes, mais qui se basèrent toujours sur les mêmes racines. Les Francs l’appelaient Wodan, en vieil-haut-allemand (moyen-âge) il se nommait Wuotan puis Wotan. Avant, les Saxons le nommèrent Woden. En norrois, la langue germanique parlée par les Scandinaves, le nom du Dieu perdit le « W » pour des raisons phonétiques de la langue, ce qui fit évoluer le nom vers celui que nous connaissons bien, celui d’Óðin. Il est fort probable que ce nom d’Óðin soit une évolution phonétique du type Woden-Wodin-Odin. 

 

Le nom proto-germanique *Wodanaz s’est développé à partir de l’adjectif *wōđaz qui a un lien avec d’autres langues indo-européennes comme en latin Vates ou en gaélique irlandais Fáith, ces mots qui signifient « Voyant, prophète ». En proto-germanique existait aussi le verbe *wōđjanan, qui se traduit par Rager, verbe qu’on retrouve avec le norrois æða, qui lui aussi se traduit par Rager. Le gothique woþs quant à lui veut dire Possédé. En norrois, Óðr signifie Frénétique, Furieux, Fou ; mais ce mot norrois a la particularité d’avoir un double-sens, car il se traduit aussi par Chant, Poésie. En vieil anglais, Wód se traduit également comme Frénétique, Furieux, Fou. En vieil-haut-allemand, le mot Wuot signifie Furie, Rage, Agitation violente, mot qui a complètement survécut en allemand moderne avec die Wut, mot qui regroupe plusieurs notions en français : la colère, la rage, et la fureur.

Et enfin, pour parfaire cette analyse de Wodanaz, les suffixes *an et *in indiquent la maîtrise de quelque chose, ce qui donnerait à l’ensemble du nom la signification de «celui qui maîtrise la fureur». 

 

Cette brève analyse étymologique du nom d’Óðin nous présente ainsi certains aspects du Dieu lui-même. Étant donné qu’ils sont liés à son propre nom, on serait en droit de penser que ces aspects figurent un des profils les plus anciens du Dieu. Ces aspects sont liés à son profil de chamane-magicien et de guerrier. Les termes de Voyant, Possédé, ou de Frénétique font référence à sa maîtrise de l’art du Seiðr, le chamanisme nordique, et à sa maîtrise de tout art magique. Les notions de Fureur et de Rage sont quant à elles un reflet de l’art de la guerre que domine Óðin, un art qui s’est particulièrement conservé parmi une classe bien spécifique de guerriers nordiques : les Berserker et les Ulfhednar. Ces derniers entraient en combat dans une véritable fureur guerrière, une transe qui incluait entre autres des rites de type chamanique où le guerrier se fondait dans la peau d’un animal. C’est donc un art de la guerre qui repose principalement sur l’art de la magie, un art qui semble bien être le mot clé du profil premier du Dieu Wodan / Óðin. Les mythes anciens confirment tous cet aspect lié principalement à la magie, car on y voit jamais le Dieu entrer personnellement en combat au corps à corps, mais toujours prompt à utiliser sa connaissance de la magie pour apporter la victoire contre l’ennemi. De plus, nous avons vu qu’Óðr en norrois a aussi une connexion avec la poésie. Nous verrons ultérieurement ce mythe qui lie le Dieu à l’art des poètes, et il nous démontrera qu’encore une fois Óðin utilise l’art de la magie pour conquérir celui de la poésie. La pratique de la poésie dans le sens odiniste du terme est une pratique qui exige au préalable une véritable transe, une extase magique qui permet l’accès à l’inspiration divine pour la poésie sacrée. 

 

À la lumière de ces données, on constate bien que la fonction royale d’Óðin repose sur la connaissance et la magie. C’est un élément qui s’intègre d’ailleurs parfaitement dans le schéma du panthéon indo-européen où la 1è fonction, la fonction royale, se divise en deux sous-ensembles : l’aspect magico-religieux de la fonction souveraine (Wodan / Óðin), et l’aspect juridico-solaire de la fonction souveraine (Tiwaz / Týr). 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

 

 

Liens :

 

 

 

Dimanche 19 Novembre 2017


Wotan – Ódin… Dieu Souverain...

Wotan de son nom germanique, et Óðin de son nom nordique, est un roi, il est souverain d’Asgarðr le monde des Dieux. Il est dans le panthéon nordique le Dieu suprême, alors que dans le panthéon proto-germanique il partageait le pouvoir avec le Dieu Tiwaz. Il est le plus distingué et le plus anciens des Dieux Ases, les Dieux solaires et ouraniens, oeztr ok elztr ása. Il est le créateur des hommes, il est le père de tous (Alföðr). Ce titre de «père de tous» est en fait principalement une désignation de sa position de roi. Notre mot moderne «patron» a d’ailleurs conservé cette ancienne notion qui associe «pater» (père) et position dominante. Des noms du Dieu comme Herjaföðr (père des armées) ou Valföðr (père des occis, du valhalla) devraient être donc interprétés comme «roi des armées» ou «roi des occis». Rögnir est un de ces nombreux noms sous lesquels se présente Óðin, un nom qui signifie «le puissant, celui qui décide». Ses noms permettent ainsi de mieux cerner l’aspect royal du Dieu. Il est le «höfðingi», le chef d’Ásgarðr. Il est «göfgastr», le plus honoré des Dieux. Tous ces noms mettent en avant sa fonction souveraine. 

 

Il est celui qui donne à certains la victoire, à d’autres la richesse, et à beaucoup la sagesse et l’éloquence. Il offre la brise au marin, l’inspiration au poète, l’énergie virile au héros. Il domine. Il est roi. Les skaldes le nommaient «goðjaðarr», la pointe divine, la cime du monde. Óðin est «Hár», ce qui veut dire «le très haut». Et c’est bien cette position de «très haut» qu’occupe le Dieu assis sur son très haut trône Hliðskjálf, un véritable mirador d’où il voit tout ce qui se passe sur la terre des Dieux et la terre des hommes. Pour parfaire sa vision globale, il possède deux corbeaux qui le renseignent quotidiennement de tout ce qu’ils ont observé ou entendu dans les divers mondes. Ses corbeaux s’appellent Hugin et Munin, «Pensée» et «Mémoire», car il faut dominer et cultiver ces deux éléments pour être un grand souverain fidèle aux ancêtres et à sa lignée de sang. Óðin «sá um heima alla ok hvers manns athaefi», Odhinn a vue sur tous les mondes et sur l’occupation de chaque homme, 

(Gylf.9). Il peut en cela être comparé à son homologue de la tradition indo-aryenne, le Dieu Varuna, qui occupe la même fonction dans la tripartition indo-européenne. En langue sanskrite, Varuna est viçvadarçata (visible de partout) et sahasraksa, doué de mille yeux. Pour le renseigner, le Dieu Óðin possède aussi ses plus fidèles servantes, ses filles les Valkyries. Elles portent surtout et exécutent ses ordres. Elles choisissent sur le champ de bataille les guerriers qui iront au Valhalla, le royaume des occis où l’on se prépare pour le grand destin des puissances. 

 

La souveraineté d’Óðin prend dans son contexte des dimensions logiquement divines. Il est roi, il est donc aussi maître des éléments, c’est ce qu’on pourrait appeler une expression de sa souveraineté cosmique. Snorri Sturluson dit de lui qu’il administre le ciel et la terre. Il est le fondateur de l’ordre cosmique. Son élément de prédilection est le vent, la tempête, ce qui correspond tout à fait à son caractère instable et très mouvant. En Germanie continentale fut très présente son image comme meneur de la Chasse Sauvage, Wotan der wilde Jäger, à la tête des occis, des héros morts au combat. Dans une grande tempête automnale on pouvait voir le Dieu en tête comme bon roi, et les occis chevaucher à travers le ciel tourmenté. Nous avons également vu qu’un certain parallèle existe entre Óðin et Varuna, mais il y a aussi quelque chose qui les différencie. C’est l’aspect «justice» et garant du droit que l’on peut constater chez Varuna. Cet aspect est inexistant chez Óðin. Car Óðin ne donne en aucun cas priorité à la justice, son seul soucis est le but qu’il s’est fixé et les moyens pour l’atteindre. Il n’a que faire de l’ordre moral du moment qu’il peut influencer la destinée des grands de ce monde, destinées qu’il manipule en bon souverain afin que s’accomplisse la volonté des Dieux. C’est bien pour cela que le Dieu fut parfois qualifié de capricieux et «changeant» (svipall). Les noms qui qualifient sa nature ambigüe et trompeuse ne manquent pas d’ailleurs. Il a été perçu ainsi car en effet Óðin n’hésite pas à employer diverses ruses pour parvenir à ses fins qui sont la préservation du monde des Dieux et des grandes lignées de sang parmi les hommes. Peu importe le reste.

 

Un passage des Eddas dit la chose suivante: «Óðin reçoit les ducs qui tombent au combat, mais Thor reçoit la race des serfs» [par «serfs» dans ce contexte sont désignés les gens du peuple par rapport aux élites, et non les esclaves]. Ceci confirme une fois de plus le lien du Dieu Óðin avec la noblesse et la royauté. Le Dieu se préoccupe presque exclusivement de la destinée des nobles et des grandes familles aux lignées de sang avérées et reconnues. Il aime se mêler des affaires des hommes au pouvoir. Ici se révèle un aspect fortement identitaire du Dieu. Le peuple le ressent comme un Dieu distant, et pour cause, car surtout les pures lignées des familles nobles ont un intérêt à ses yeux, ou plutôt à son œil depuis qu’il en a sacrifié un au puits de la sagesse. C’est ainsi que nombreuses dynasties païennes faisaient remonter leur sang royal jusqu’au Dieu Óðin lui-même. Une grande quantité de rois anglo-saxons faisaient remonter leur lignée à Woden. Et même des rois chrétiens comme Alfred ou Henri II se sentaient comme descendant de Woden. Chez de nombreux peuples de la Germanie continentale il en fut de même. Les Lombards (Langobardes) étaient fils de Wodan. Les Vandales avant leur conversion à l’arrianisme le vénéraient aussi comme leur ancêtre. Les Goths avaient donné à Wodan le nom de Gautr, ce qui fit du Dieu le père des Goths. Les rois de Hálogaland remontent aussi Wodan. Chez les Vikings de la Scandinavie, Óðin est le père fondateur de plusieurs dynasties, comme les Skilfingar, les Ylfingar, les Skjöldungar… Au roi Óláfr Tryggvason récemment converti au christianisme et responsable de massacres et de tortures des derniers païens de Norvège, Óðin lui apparut une dernière fois pour lui parler de roi à roi. 

 

Dans une saga, Óðin réclame en sacrifice le roi Víkarr (þá skallu nú senda mér Vikar konung). Il lui fut sacrifié par pendaison, car c’est ainsi que l’on sacrifiait au Dieu Óðin. On reproduisait de cette manière le sacrifice du Dieu à l’arbe du monde, l’arbre Yggdrasil, maintenant ainsi une continuité certaine entre le Dieu et les hommes. Lorsque des nobles étaient sacrifiés, cela se faisait toujours à Óðin, le roi des Dieux. La formule consacrée pour ce genre de sacrifice était «Nú gef ek þik Óðni» (maintenant je te donne à Óðin). Pour ne citer qu’un exemple, on pourrait parler des Suédois et de leur sacrifice du roi Óláfr Trételgja. 

 

Il en ressort ainsi qu’Óðin est un souverain avant tout, il est le roi de tous mais pas le Dieu de tous. À l’image des nobles lignées, il est un Dieu des élites. Égalité et démocratie ne sont pas vraiment des notions que l’on peut coller au panthéon nordique, seules certaines divagations modernes voudraient nous faire avaler une telle couleuvre. L’organisation sociale et politique démontre clairement que nos ancêtres païens de tradition germano-nordique vivaient dans une société qui s’articulait autour de principes aristocratiques. La ploutocratie ne viendra que bien plus tard…

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  

Dimanche 19 Novembre 2017


Ódin, Dieu Séducteur…

Père de Tous...

Comme nous l’avons vu dans l’article sur l’aspect souverain du Dieu germano-nordique Wodan / Óðin, le terme qui qualifie le Dieu de «Père de tous», fait surtout référence à son rôle de roi dans le panthéon. C’est ainsi qu’il est le «Père des Occis» ou encore le «Père des Armées». Mais ce terme de «Père» nous rappelle aussi qu’Óðin est le père génétique de nombreuses Divinités, raison pour laquelle les anciens le nommaient «Le Vieux». En plus d’être le roi organisateur et patron, il est donc l’archétype du père, le grand générateur. Pour engendrer une telle descendance, il a dû séduire, charmer, et aimer les Déesses de ses conquêtes. Cet aspect séducteur du Dieu est souvent méconnu car mineur dans son profil, et pourtant il joue lui aussi un rôle si l’on veut bien cerner les nombreuses facettes d’Óðin.

 

Dans le Hárbarðsljóð, Óðin se vante de ses succès amoureux :

«Là nous trouvâmes à lutter… beaucoup à tenter, fille à goûter.»

«Je jouai avec la blanche comme le lin et eus rendez-vous secret, 

Je me réjouis de la brillante comme l’or, la fille aimait l’amour.»

«Avec sept sœurs je dormis.»

Les textes ont clairement tendance à montrer un charme naturel du Dieu lié à sa condition de roi, de sage, et d‘intellectuel. C’est sous ce charme là que tombent les femmes.

 

La fécondité est un domaine réservé aux Divinités de la famille des Vanir. Mais l’aspect séducteur d’Óðin fait qu’il participe quelque peu de cette fonction liée à la fécondité. C’est pour cela que les Goths le nommaient «Gautr», terme qui se traduit par «celui qui procrée». Le terme de «Göndull» qui veut dire «membre viril» rejoint cette signification. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Dimanche 19 Novembre 2017


Dieu Guerrier...

Valeurs de la Guerre et mises au point…

Trop souvent certains ouvrages de mythologie générale ou certains documentaires présentent le Dieu Wotan / Óðin comme un Dieu de la guerre, et point. Réduisant ainsi dramatiquement le rôle du Dieu germano-nordique, ils ont créé une confusion dans l’esprit des gens. Une confusion qui remonte à l’époque même de l’interpretatio romana. Si Óðin avait été surtout un Dieu de la guerre, comment n’est-il pas alors «catalogué» dans la 2è fonction indo-européenne, celle de la noblesse guerrière? Pourquoi ne le voit-on que deux fois entrer en combat dans les très nombreux mythes qui le concernent? Car en effet, il faut se souvenir que dans le monde des Dieux relaté par les textes anciens, Óðin n’entre que 2 fois personnellement en combat, ce qui est plutôt léger pour un Dieu de la guerre. La 1è fois ce fut tout au début de l’histoire des Dieux, lorsque les Dieux Aesir et Vanir se firent la guerre dans une épopée digne des grands mythes fondateurs de nos ancêtres païens d’Europe. Cette fois-là donc, lorsque les deux armées se firent face, prêtes à entamer les hostilités, le Dieu prit sa lance et la projeta par-dessus les troupes ennemis en prononçant une phrase qui deviendra une coutume parmi les hommes: «Óðin á yðr alla», ce qui signifie «Odhinn vous a tous». Ceci fut son activité guerrière lors de cette grande bataille. Cet acte de guerre correspond en fait à un important rite magique qui consiste à jeter la lance sur les ennemis afin de vouer ceux-ci à la mort, car si Óðin les a, c’est qu’ils sont au Valhalla, le royaume de ceux qui sont tombés de mort violente. La 2è fois lorsque le Dieu entre personnellement en combat, c’est à la fin de l’histoire des Dieux, lors du fameux Ragnarök. Mais ce «crépuscule des Dieux» qui devrait plutôt être traduit par Destin des Puissances, a laissé une saveur amère à plus d’un spécialiste, car on soupçonne fortement que ce récit ait reçu des influences chrétiennes. Il est en effet probable et logique que c’était dans l’intérêt d’une Scandinavie récemment christianisée, que de faire mourir les Dieux païens. Ceci laisserait alors la place libre pour le nouveau dieu importé de ce lointain pays nommé Israël, Yeshoua Ben Josef, ou jésus-christ comme ils l’appellent. Cette 2è fois, en plein Ragnarök, Óðin apparaît vêtu de son armure dorée pour affronter le grand loup Fenrir, le monstre cosmique dont la seule volonté est de précipiter l’univers dans le chaos des forces primitives. Óðin succombe au loup Fenrir qui le dévore. Alors que les autres grands Dieux, tout en mourant quand-même, réussissent à tuer leur adversaire, Óðin, lui, n’y parvint pas. À la vue de cette faible activité guerrière du Dieu, on est en droit de se demander pourquoi relie-t-on tellement Óðin à la guerre. 

 

La réponse principale est plutôt simple. Toutes les cultures païennes issues de l’âge du bronze et de l’âge du fer sont basées grandement sur la guerre. Ce sont des époques naturellement belliqueuses où la guerre a depuis longtemps pris une dimension sacrée et même religieuse. Germains, Nordiques, Celtes, Grecs, Slaves, Romains, Baltes, etc, ont tous hérité de leurs ancêtres indo-européens cette religiosité guerrière, une religiosité empreinte de valeurs comme le dépassement de soi, le sacrifice pour les siens, le culte de la victoire et de celui du héros solaire, le courage au combat, la force de l’esprit. La guerre est la manifestation la plus frappante et la plus tragique du destin. Il est révélateur à ce propos qu’un des mots norrois pour désigner le destin, «Orlög», soit aussi un mot pour désigner le combat. Cette association entre destin et guerre est un véritable leitmotiv dans tous les mythes païens d’Europe. Et c’est là qu’entre à nouveau en scène notre Dieu Óðin parce qu’en effet il est intimement lié au destin, le destin des grands de ce monde. Bien que lui-même soit soumis au destin, il aime à le manipuler, assurant ainsi l’ordre des Dieux et la bonne marche du monde. Il est un Dieu soucieux de sa responsabilité comme ordonnateur des destinées et comme arbitre de la fonction souveraine. On voit souvent Óðin donner un coup de pouce dans un sens ou dans l’autre avec toujours cette même idée de fond, infléchir le destin de manière favorable. Pour cela, il n’entre pas en combat personnellement, il use de ses grands atouts qui sont la magie, la sagesse, et la ruse dans les intrigues des élites. Comme nous l’avons vu précédemment, Óðin n’est pas de la 2è fonction, la fonction de la guerre, il est bien un des deux aspects de la 1è fonction, la fonction souveraine, car il est le roi, celui qui dirige, celui qui guide dans les méandres de la destinée. Mais les mœurs du temps avec cette religiosité vouée à l’aspect sacré de la guerre, ont fait que n’importe quelle Divinité pouvait revêtir un caractère guerrier. Ne voit-on pas par exemple un Dieu paisible comme Freyr brandissant une épée? Et vu que destin et guerre sont noués l’un dans l’autre, il était inévitable que le Dieu lié aux destinées portât des noms en l’honneur de la guerre, car tout est guerre. La quête de la connaissance est une guerre, la survie au quotidien est une guerre, la conquête de l’être aimé est une guerre (les difficultés à surmonter sont une lutte), tout dans la vie est combat. Seuls les vainqueurs et les forts en retirent récompense et peuvent jouir des mérites de leurs efforts. Le faible, lui, doit céder sa place. Dans ce monde en guerre permanente, Óðin pousse le destin, il est le guerrier de l’esprit. Voilà bien un autre terme qui convient au Dieu, celui de guerrier de l’esprit. Il permet à l’homme de se libérer des entraves du microcosme en l’invitant à se rendre sur les voies de la connaissance sacrée, celle qui permettent de comprendre les liens macrocosmiques. Le Savoir est quelque chose de passif car il relève d’informations que l’on a reçues. La Connaissance quant à elle, c’est quelque chose d’actif, car elle implique le fait qu’on va vers la sagesse, on fait des efforts d’études, de compréhension et d’expérimentation. On devient co-acteur de la sagesse, à l’opposé du Savoir où l’on reçoit uniquement. 

 

Dans ce contexte guerrier, on comprend nettement mieux pourquoi les anciens faisaient un sacrifice à Wodan ou Óðin afin d’obtenir la victoire. Ils attendaient de lui le coup de pouce magique sur le destin qui permettrait de sortir victorieux et glorieux de la bataille. On ne pouvait pas en attendre moins d’un roi des Dieux. Au 9è siècle, Adam de Brème écrit: «Wodan dirige les guerres et communique à l’homme le courage contre les ennemis». Et, tout comme le destin peut souvent apparaître comme capricieux et injuste, les décisions d’Óðin sont elles aussi parfois décevantes et inconstantes. Óðin n’hésite pas à revenir sur la parole donné si l’objectif en vaut la peine. Óðin est dur dans ses sentences, et s’il le faut, il laisse mourir celui qui ne devait pas succomber. Ceci fit dire à plus d’un héros dans les textes anciens des phrases du style… «Incertain est de croire en lui» (Ketils Haengs Saga), ou encore cette citation tirée de Hálfs saga ok Hálfsrekka où Insteinn gronde en disant «Mais à Óðin nous devons en vouloir, qui à tel roi a ravi la victoire». Cette inconstance du Dieu s’explique par le gros problème qui se pose à Óðin, maître du Valhalla, le royaume des guerriers tombés par une mort violente. C’est ici que le Dieu apparaît lui-même soumis au grand destin des choses. En effet, pour qu’il puisse avoir les meilleurs guerriers au Valhalla en vue de l’affrontement du Ragnarök, il doit laisser mourir ces valeureux héros et guerriers. C’est une situation qui met Óðin véritablement entre deux feux. C’est donc au coup par coup, et en valorisant les données du moment, que le Dieu doit prendre les grandes décisions pour infléchir les destinées. Tout est d’ailleurs résumé dans cette question-réponse trouvée dans une saga pour la question et dans les Eddas pour la réponse. Le roi Hákon demande au Dieu Óðin: «Pourquoi lui as-tu ravi la victoire s’il te semblait être vaillant?», ce à quoi le Dieu répond: «Parce qu’il est incertain de savoir quand le loup gris assaillira la demeure des Dieux». Le loup gris est bien-sûr l’allusion au loup Fenrir et au Ragnarök, raison pour laquelle les morts se préparent dans le Valhalla au grand combat. Cette incertitude exprimée par Óðin lui-même montre bien toute la difficulté qu’a le Dieu à prendre les bonnes décisions. Mais la force de sa sagesse le guidera malgré tout vers les plus hautes sphères de la connaissance, une quête réservée aux guerriers de l’esprit.

 

Il faut enfin évoquer une classe de guerriers toute particulière de la tradition germano-nordique, ce sont les Berserkers, nom générique qui englobe aussi les Ulfheðnar. Ces guerriers très violents, qui, après un certain rituel voué à Wodan / Óðin, entraient en transe, une transe animale comparée tantôt à l’ours, tantôt au loup. Dans cet état de frénésie absolue, emplis d’une force surnaturelle, ils se jetaient sur l’ennemi. On retrouve ici d’ailleurs l’étymologie de Wodanaz qui est «maître de la fureur». Dans ce culte «odinique» des guerriers-fauves, on retrouve encore une fois la valeur magique qui prime dans tout culte dédié à Wodan / Óðin. 

 

Pour illustrer tout cet aspect guerrier du roi Wodan / Óðin, voici quelques-uns des nombreux noms qui le relient à la guerre…:

  • Hoárs veðr – Tempête du borgne, mot imagé pour désigner le combat
  • Vádir Váfaðar – Armure, nom qui se décompose comme «habits du vacillant (Óðin)»
  • Herjaföðr – Père des armées
  • Hertýr – Dieu des armées
  • Herteitr – le joyeux des armées 
  • Heráss – l’Ase des armées
  • Herblindi – Celui qui aveugle l’armée (des ennemis)
  • Hjalmberi – le porte-casque
  • Biflindi – Au bouclier peint
  • Hnikarr – le frappeur
  • Hnikuðr – le provocateur
  • Sigföðr – Père de la victoire
  • Sigtýr – Dieu de la victoire
  • Gunnblindi – Aveugle du combat
  • Atriðr – Qui chevauche au combat
  • Hildólfr – Loup de combat
  • Valföðr – Père du Valhalla

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  

Dimanche 19 Novembre 2017


Dieu Magicien…

Wotan / Óðin, en tant que roi, remplit la fonction magico-religieuse, celle de la 1è fonction héritée des Indo-Européens. Nous avons vu dans l’étude sur son aspect guerrier que le Dieu ne combat jamais directement. Il utilise toujours la magie. Et c’est bien là son aspect principal…le Dieu magicien. Presque toutes ses apparitions dans les mythes anciens sont accompagnées de magie. Tous les Dieux du panthéon germano-nordique utilisent à un moment ou autre la magie, mais Wotan / Óðin est le Dieu magicien par excellence. Les grands moments «odiniques» de cette magie se retrouvent lorsque le Dieu donne la vie aux premiers humains, lorsqu’il voue à la défaite les Vanir par sa lance magique Gungnir, lorsqu’il sacrifie son œil pour acquérir la sagesse, lorsqu’il se sacrifie par pendaison pour acquérir la connaissance des runes, lorsqu’il se transforme en animal pour acquérir l’hydromel sacré, lorsqu’il pratique le Seiðr, etc… 

 

Significatif est son sacrifice à l’arbre du monde Yggdrasil, instants magiques pendant lesquels il prend possession de la connaissance des choses cachées grâce aux runes.

 

Hathuwolf Harson

 

 Liens :

  

Dimanche 19 Novembre 2017


Dieu des Morts...

Père des Occis...

Comme nous l’avons vu antérieurement, Wotan / Óðin est le Dieu souverain intimement lié à la notion de destin. En tant que Dieu des destinées, il n’est donc pas étonnant qu’il soit aussi un Dieu de la mort et des morts. Mais il n’est pas le Dieu de tous les morts, car ceux qui sont morts de mort naturelle vont dans le sombre royaume de la Déesse Hel. Seuls ceux qu’il a choisis sont dignes de résider dans la demeure du Dieu. Sa sélection se fait selon des critères de rang social et de valeur guerrière. Rappelons ici que Wotan / Óðin est avant tout le Dieu des rois, des princes, et des aristocrates, il n’est pas du tout un Dieu "démocrate", le menu peuple n’est pas de son intérêt. C’est donc l’élite des morts que reçoit le Dieu dans sa demeure nommée le Valhalla, la halle des occis. Y accèdent les rois et les princes, et tout guerrier qui a péri de mort violente et qui fut élu par les Valkyries. C’est pour cela que Wotan / Óðin est appelé "Père des occis", c'est-à-dire le roi des tombés au combat. Dans cette halle des occis, les morts sont la véritable cour, la suite du Dieu, où tous ensembles se préparent pour le Ragnarök, le destin des puissances, le crépuscule des Dieux. "Être l’hôte d’Óðin" était par exemple une expression typique pour dire "être tué". Une autre expression révélatrice est "accroître l’armée d’Óðin", ce qui veut dire "tuer des hommes" (auka þundi þegns gnótt). 

 

Une autre forme d’accéder au monde des morts du Dieu Wotan / Óðin est de lui avoir été sacrifié. Ce genre de sacrifice se faisait en général par pendaison. Pourquoi par pendaison ? Tout simplement parce que le Dieu se sacrifia lui-même par pendaison à l’arbre du monde Yggdrasil afin de recevoir la connaissance des choses cachées. Pour cette raison, Óðin est appelé souvent "Hangatýr", le Dieu des pendus. 

 

Hathuwolf Harson

  

Dimanche 19 Novembre 2017


Le Grand Dieu Wodan

Odin et ses divers noms...

Noms historiques du Dieu dans les langues germaniques :

  • En germanique commun : WODANAZ
  • En anglo-saxon : WODEN
  • En ancienne langue franque : WODAN
  • En vieil-haut-allemand : WUOTAN
  • En norrois : OÐINN

L'étymologie de son nom regroupe des notions comme la fureur, la poésie, et l'esprit. Le terme moderne "une ode" ou le terme allemand "die Wut" (la fureur) ont des connections évidentes avec le nom du Dieu Odin. Le français a tendance à mal prononcer ce nom; la prononciation correcte est odhinn, qui s'écrit en norrois Óðinn. C'est le Dieu majeur du panthéon nordique et nous allons voir qu'il possède de nombreux visages. Mais ses fonctions, bien qu'exprimées par divers aspects, correspondent principalement à la fonction souveraine des Indo-Européens. Cette fonction royale des Indo-Européens se divise en deux: l'aspect jurdique et souverain, puis l'aspect magico-religieux. Chez les Indo-Aryens de l'époque védique par exemple, ces deux aspects étaient couverts par les Dieux Mitra et Varuna. Chez les Germains continentaux ils étaient couverts par les Dieux Tiwaz (Týr) et Wodan (Odin). Chez les Vikings, période postérieure aux Germains continentaux, le Dieu Odin finit par couvrir les deux aspects de la fonction royale, laissant ainsi dans l'ombre le Dieu Týr. Ici nous allons voir cet aspect purement nordique du Dieu Odin. 

 

Odin est le père des Dieux, il est le Dieu des poètes, de l'inspiration sacrée, il est le Dieu des guerriers, et aussi le Dieu de la magie, des runes et de l'esprit. L'aspect "magie" est fondamental chez Odin, car même à la guerre il ne lutte pas de manière classique étant donné que c'est par la magie qu'il lutte contre ses ennemis. Chez les Germains il existait un rituel avant chaque bataille qui consistait à vouer les troupes ennemies au Dieu en leur jetant une lance aux pouvoirs magiques. Cette lance était une figuration de celle du Dieu Odin, la lance Gungnir. En liant les ennemis par le pouvoir de la lance sacrée, on espérait obtenir les faveurs du Dieu et s'assurer ainsi la victoire. 

 

Odin possède de très nombreux noms. Tous ses noms nous parlent des divers aspects sous lesquels on peut rencontrer le Dieu. Voici quelques-uns de ses noms :

 

  • Alföðr :
    Le père de tout. Ceci nous rappelle que le Dieu Odin a donné vie aux premier couple d'êtres humains, et qu'il est le grand souverain du monde des Dieux.
  • Arnhöfði :
    Tète d'aigle. Après avoir conquis l'hydromel, Odin se transforma en aigle. 
  • Atriðr :
    Le cavalier d'attaque. Ceci nous renvoie à l'image du Dieu guerrier sur son cheval à 8 pattes Sleipnir
  • Báleygr :
    L'oeil flamboyant. Odin est borgne car il a sacrifié un oeil au puits de la connaissance Mimir.
  • Böðgæðir :
    L'exaltateur des batailles. Rôle guerrier du Dieu qui s'exprime particulièrement chez les Berserker qui combattaient sous l'emprise d'une fureur extatique.
  • Bölverkr :
    L'artisan des maux. Le Dieu n'est pas toujours favorable, il est souvent imprévisible dans ses décisions.
  • Darraðr :
    L
    'homme à la lance. L'accent est mis sur son attribut magique, la lance Gungnir.
  • Draugadróttinn :
    Le seigneur des non-morts. Odin comme Dieu des morts au combat.
  • Farmagnuðr :
    Celui qui habilite les voyages. Le Dieu est connu pour ses très nombreux voyages dans les différents mondes.
  • Fimbultýr :
    Le puissant Dieu. Référence à ses pouvoirs magiques et à son rôle souverain.
  • Fjölnir :
    Le sage. Après avoir acquis la connaissance suprême au puits de Mimir et après avoir reçu son initiation aux runes, Odin est connu comme le Dieu de la sagesse.
  • Fjölsviðr :
    Le très sage.
  • Forni :
    L'ancien. Odin est représenté comme un ancien, âge de la sagesse et de la connaissance.
  • Galdraföðr :
    Le père du Galdr. Le Galdr est une des formes de magie verbale, magie liée aux runes.
  • Ganglari :
    Le vagabond. Ceci fait référence aux nombreux déplacements du Dieu.
  • Gangráðr :
    Le conseilleur des contraires. 
  • Gautatýr :
    Le Dieu des Goths. Ce peuple germanique lui vouait un culte tout particulier.
  • Geirtýr :
    Le Dieu à la lance. Référence à son attribut, la lance Gungnir.
  • Grímnir :
    Le masqué. Ceci fait référence à ses nombreux aspects qu'il adopte lorsqu'il visite les autres mondes.
  • Hangatýr :
    Le Dieu des pendus. Ceci fait référence à son initiation à l'arbre Yggdrasil et à la forme de sacrifice qu'on lui vouait.
  • Haptasnytrir :
    L'enseignant des Dieux. Odin possède une grande connaissance de toutes choses, connaissance qu'il a entre autres acquise lors de son initiation aux runes.
  • Hár :
    Le très-haut (référence en tant que roi sur son trône Hlidskjalf).
  • Herjan :
    Le seigneur des armées. Aspect guerrier du Dieu comme conducteur des armées.
  • Hildolfr :
    Le loup de combat. Aspect guerrier. C'est également une référence aux deux loups qui accomagnent le Dieu: Geri et Freki.
  • Hjaldrgegnir :
    L'initiateur des batailles. 
  • Hrafnáss :
    L'Ase aux corbeaux. Il s'agit ici des deux corbeaux qui accompagnent Odin: Hugin et Munin. Ces derniers parcourent les différents mondes chaque jour et racontent ensuite au Dieu tout ce qu'ils ont pu observer.
  • Hroptatýr :
    Le Dieu sage.
  • Jölföðr :
    Le père de Yule; Yule est Noël; on retrouve là une figure très moderne qui est une survivance archétypale du Dieu: le père-noël.
  • Langbarðr :
    Longue barbe. Ce nom se retrouve dans celui du peuple germanique des Langobardes (Lombards), peuple qui vouait un culte particulier à Odin.
  • Óski :
    "Souhaité pour", le Dieu des souhaits.
  • Reiðartýr :
    Le Dieu des cavaliers.
  • Rúnatýr :
    Le Dieu des runes. Odin est le maître de la magie runique et de la connaissance qu'elles renferment.
  • Sanngetall :
    Le trouveur de vérité. Ceci évoque encore une fois la sagesse dont Odin est le maître.
  • Síðhöttr :
    Chapeau aux larges bords. Lorsque Odin voyage incognito dans le monde des hommes, il porte habituellement un chapeau pour dissimuler sa véritable identité.
  • Sigföðr :
    Le père de la victoire. On invoquait le Dieu lors des batailles afin qu'il apportât la victoire.
  • Tveggi :
    Le double. Ceci fait référence à l'aspect double que peut prendre Odin, tantôt complaisant, tantôt moins bon.
  • Þekkr :
    Le bienvenu. Une évocation d'Odin comme Dieu des voyageurs. La bienvenue fait référence à la notion fondamentale d'hospitalité dans la culture païenne des peuples nordiques.
  • Valföðr :
    Le père du Walhalla, l'endroit où se rendent les occis au combat.
  • Vegtam :
    L'habitué des chemins. Encore une référence à Odin comme Dieu habitué à voyager dans les différents mondes.
  • Yggr :
    Le terrible. Ceci fait référence à la fureur qui possède le Dieu lors des batailles.

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Dimanche 19 Novembre 2017


Alföðr

Alföðr en langue norroise signifie "le père de tout" ou bien "le père de tous". Une autre variante de ce nom du Dieu Óðin est Aldafaðir, nom qui se traduit par "le père de tous les hommes". Ces noms apparaissent dans les textes suivants: Vafþrúðnismál 5 et 53; Ragnarsdrápa 14; Thulur; Grímnismál 48; Helgakviða Hundingsbana in fyrri 38; Gylfaginning 13.

 

Les spécialistes de la question pensent que ces deux noms pourraient bien être le résultat d'influences chrétiennes, rappelant ainsi "le père éternel créateur de toutes choses" des chrétiens. Mais l'influence païenne, elle aussi est vraie, car effectivement selon les anciens textes, le Dieu Óðin avec ses deux frères est celui qui a donné le souffle vital au premier couple humain. De plus il est le père de tous les Dieux, ce qui lui permet donc de porter à juste titre le nom de "Alföðr".

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

Dimanche 26 Novembre 2017


Arnhöfði

Et l'inspiration Magique des Poètes...

Poésie et Identité...

Dans les textes anciens (Thulur), le Dieu Óðin, le Dieu aux multiples noms, porte entre autres celui d'Arnhöfði. L'étymologie germano-nordique de ce nom nous donne la traduction suivante: "celui-à-la-tête-d'aigle". En allemand moderne, on le traduit par "der Adlerköpfige". 

Ce nom fait référence à un passage bien précis des mythes liés au Dieu Óðin: celui de la conquête de l'hydromel des poètes. Ce breuvage aux pouvoirs magiques était fait d'un mélange du sang de Kvasir-le-Sage et d'hydromel. Il avait la particularité de donner le don divin de la poésie. Rappelons au passage, qu'à cette lointaine époque d'une tradition orale, la maîtrise parfaite de l'art de la poésie était vitale pour la transmission correcte de la sagesse des ancêtres. La poésie n'était donc pas comme de nos jours "simplement" un art, elle était une question cruciale qui permettait de maintenir au travers des siècles la mémoire et l'identité de tout un clan ou d'un peuple. 

Après avoir séjourné trois nuits chez la Géante Gunnlöð, nuits pendant lesquelles Óðin et Gunnlöð eurent d'intenses relations sexuelles, le Dieu Óðin vida de trois gorgées tout l'hydromel que possédait Gunnlöð. Le Dieu prit la fuite sous la forme d'un aigle, symbole souverain de la puissance solaire, marquant ainsi la victoire ouranienne contre les forces chaotiques des Géants. Óðin put ainsi offrir aux Dieux et aux hommes l'art tellement important de l'inspiration poétique, le breuvage magique connu sous le nom d'Óðroerir, nom qui se traduit par "celui qui incite à l'extase". 

Les transformations en animal du Dieu Wodan / Óðin ne se limitent d'ailleurs pas à l'aigle, car pour atteindre le refuge des Géants, le Dieu se transforma en serpent, ce qui symbolise son aptitude à s'intégrer au monde chtonien pour rejoindre les Géants du chaos. Par ailleurs on connaît dans le culte au Dieu Wodan / Óðin l'importance symbolique de certains animaux comme les corbeaux, les loups, ou encore les ours. Cette relation très intime avec le monde animal, est le reflet évident du lien avec les rites chamaniques que pratique le Dieu, chamanisme qui dans la tradition nordique se nomme le Seiðr. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Liens :

 

 

Dimanche 26 Novembre 2017


Atríðr

Dans le Grímnismál 48 et dans les Thulur apparait pour le Dieu Wodan / Óðin le nom suivant: Atríðr. Ce nom se traduit par "l'Attaquant", et plus exactement par le terme: "l'Attaquant qui chevauche".

Ce nom d'Atríðr fait donc référence à l'aspect guerrier et belliqueux du Dieu. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

Dimanche 26 Novembre 2017


Báleygr

Le nom de Báleygr vient du norrois et se traduit par "celui à l'oeil flamboyant". Ce nom apparaît dans le Grímnismál 47, Hákonardrápa 6, Gisli Illugason 1, et dans les Thulur. Ce nom de Báleygr fait référence à l'oeil que le Dieu Óðin a sacrifié au puits de Mimir afin d'obtenir la sagesse. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

Dimanche 26 Novembre 2017


Biflindi

Un des noms du Dieu Wodan / Óðin est celui de BIFLINDI. Il apparaît dans le Grímnismál 49 et dans les Thulur. Dans le Gylfaginning 2, l'Edda en prose de Snorri Sturluson, il apparaît sous la forme de Bífliði. 

La traduction de ce nom est "CELUI AVEC LE BOUCLIER PEINT".

Ce nom, comme beaucoup d'autres, fait référence au rôle sacré qui lie le Dieu au principe de la guerre. Si l'on tient compte du fait que Wodan / Óðin mène la guerre par son art de la magie, on peut raisonnablement supposer que les peintures du bouclier en question devaient relever elles aussi de la magie, très probablement des runes.

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Dimanche 26 Novembre 2017


Björn

Björn est un des noms du Dieu nordique Óðin. Il apparaît par exemple dans la saga de Harðr 15. Ce nom, qui est aussi un prénom fréquemment utilisé en Scandinavie, signifie "Ours".

Ce lien avec l'ours est une claire référence aux Berserker, ces guerriers fauves qui luttaient dans un état de transe. Ces guerriers vouaient un culte particulier au Dieu Óðin. Il est courant de nos jours de croire que les guerriers-Ours seraient plutôt voués au dieu Thor et les guerriers-Loups au Dieu Óðin. Or, le nom de Björn lié au Dieu Óðin démontre qu'il n'en est rien. Berserker et Ulfheðnar étaient tous deux voués au Dieu Óðin, ceci n'empêchant point un lien supplémentaire avec le Dieu Thor.

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Dimanche 26 Novembre 2017


Blindi

Ce surnom du Dieu nordique Óðin apparaît dans le chant eddique nommé Helgakviða Hundingsbana in önnur. Le nom de Blindi vient du norrois, et signifie "aveugle". Selon toute probabilité, ce terme "d'aveugle" fait référence au fait que le Dieu est borgne. Óðin a en effet sacrifié un oeil au puits de Mimir, ce qui lui permit d'acquérir la sagesse.

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Dimanche 26 Novembre 2017


Bölverkr

Dans les Eddas, dans le Grímnismál 47, le Dieu Óðin lui-même se nomme Bölverkr, nom que l'on retrouve dans Hávamál 109, Óðins nöfn 7, Gylfaginning, et Skáldskaparmál. Littéralement ce nom de Bölverkr se traduit du norrois par "travailleur du trouble", ce qui en bon français donne "fauteur de trouble". 

Certains seront peut-être surpris qu'un Dieu puisse porter un tel nom, car au premier abord un "fauteur de trouble" évoque quelque chose plutôt négatif. Mais lorsqu'on connaît un peu la personnalité du Dieu Wodan / Óðin, on comprend facilement à quoi il est fait allusion. Car en effet le Dieu Wodan / Óðin se caractérise par de nombreux aspects, et l'un d'eux est justement celui d'un Dieu qui, pour atteindre son objectif, n'hésite pas à manipuler le destin en employant mille ruses. Pour cela il emploie parfois des ruses comme le mensonge ou la tromperie, c'est le cas par exemple dans le passage où le Dieu part en quête de l'hydromel, la boisson sacrée des Dieux, source de toute inspiration. Cet aspect un peu obscur du Dieu reflète en fait très bien la culture viking où tous les moyens étaient bons pour atteindre son but. La victoire importe avant tout, l'art pour y arriver nettement moins... 

Le Dieu Wodan / Óðin, souverain et maître en sagesse, nous rappelle avec son nom de Bölverkr que le bien absolu ou le mal asolu sont des notions inconnues du paganisme germano-nordique. L'un ne va jamais sans l'autre, et ça, c'est une des grandes leçons des traditions païennes: tout est lié et tout se fonde sur la complémentarité des forces, et non sur leur opposition comme c'est le cas dans le dualisme ou les monothéismes.

Hail Wodan / Óðin !

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Dimanche 26 Novembre 2017


Wodanaz

Les textes anciens ainsi que quelques inscriptions runiques mentionnent plus de 170 noms différents pour le Dieu germano-nordique Óðin (prononcer Ódhinn). Cette grande quantité de noms est révélatrice des multiples aspects d’Óðin. Le profil de ce Dieu est compliqué car il est très riche par ses nombreuses facettes. Óðin est un Dieu souverain correspondant à la fonction royale de la tripartition indo-européenne. Il est fort probable qu’à l’origine, à l’époque proto-germanique, bien avant les grandes migrations germaniques, Óðin ait partagé le trône de la fonction souveraine avec le Dieu germanique Tiwaz qui survécut dans la tradition nordique comme Týr. Voici de manière très résumée les quelques aspects principaux du Dieu Óðin : il est le père des Dieux, le Dieu des poètes, le Dieu des héros morts au combat, un Dieu de la guerre, le Dieu de la magie et de l’extase, le Dieu de la sagesse et de la connaissance des runes. Et pour cerner d’un peu de plus près tous les aspects de ce grand Dieu de la tradition germano-nordique, quoi de mieux que d’étudier l’étymologie et le contexte de tous ses noms ?

Commençons pour ceci par son nom usuel, celui par lequel il est connu de tous, Óðin :

WODANAZ-ÓÐIN…

Le nom d’Óðin est en fait la dernière évolution linguistique au cours de sa longue histoire. À l’origine, au sortir de l’âge du bronze, le Dieu se nommait *Wodanaz. Puis, selon les différences linguistiques des langues germaniques, son nom évolua sous différentes formes, mais qui se basèrent toujours sur les mêmes racines. Les Francs l’appelaient Wodan, en vieil-haut-allemand (moyen-âge) il se nommait Wuotan puis Wotan. Avant, les Saxons le nommèrent Woden. En norrois, la langue germanique parlée par les Scandinaves, le nom du Dieu perdit le « W » pour des raisons phonétiques de la langue, ce qui fit évoluer le nom vers celui que nous connaissons bien, celui d’Óðin. Il est fort probable que ce nom d’Óðin soit une évolution phonétique du type Woden-Wodin-Odin. 

Le nom proto-germanique *Wodanaz s’est développé à partir de l’adjectif *wōđaz qui a un lien avec d’autres langues indo-européennes comme en latin Vates ou en gaélique irlandais Fáith, ces mots qui signifient « Voyant, prophète ». En proto-germanique existait aussi le verbe *wōđjanan, qui se traduit par Rager, verbe qu’on retrouve avec le norrois æða, qui lui aussi se traduit par Rager. Le gothique woþs quant-à lui veut dire Possédé. En norrois, Óðr signifie Frénétique, Furieux, Fou ; mais ce mot norrois a la particularité d’avoir un double-sens, car il se traduit aussi par Chant, Poésie. En vieil anglais, Wód se traduit également comme Frénétique, Furieux, Fou. En vieil-haut-allemand, le mot Wuot signifie Furie, Rage, Agitation violente, mot qui a complètement survécut en allemand moderne avec die Wut, mot qui regroupe plusieurs notions en français : la colère, la rage, et la fureur.

Et enfin, pour parfaire cette analyse de Wodanaz, les suffixes *an et *in indiquent la maîtrise de quelque chose, ce qui donnerait à l’ensemble du nom la signification de «celui qui maîtrise la fureur». 

Cette brève analyse étymologique du nom d’Óðin nous présente ainsi certains aspects du Dieu lui-même. Étant donné qu’ils sont liés à son propre nom, on serait en droit de penser que ces aspects figurent un des profils les plus anciens du Dieu. Ces aspects sont liés à son profil de chamane-magicien et de guerrier. Les termes de Voyant, Possédé, ou de Frénétique font référence à sa maîtrise de l’art du Seiðr, le chamanisme nordique, et à sa maîtrise de tout art magique. Les notions de Fureur et de Rage sont quant-à elles un reflet de l’art de la guerre que domine Óðin, un art qui s’est particulièrement conservé parmi une classe bien spécifique de guerriers nordiques : les Berserker et les Ulfhednar. Ces derniers entraient en combat dans une véritable fureur guerrière, une transe qui incluait entre autres des rites de type chamanique où le guerrier se fondait dans la peau d’un animal. C’est donc un art de la guerre qui repose principalement sur l’art de la magie, un art qui semble bien être le mot clé du profil premier du Dieu Wodan / Óðin. Les mythes anciens confirment tous cet aspect lié principalement à la magie, car on y voit jamais le Dieu entrer personnellement en combat au corps à corps, mais toujours prompt à utiliser sa connaissance de la magie pour apporter la victoire contre l’ennemi. De plus, nous avons vu qu’Óðr en norrois a aussi une connexion avec la poésie. Nous verrons ultérieurement ce mythe qui lie le Dieu à l’art des poètes, et il nous démontrera qu’encore une fois Óðin utilise l’art de la magie pour conquérir celui de la poésie. La pratique de la poésie dans le sens odiniste du terme est une pratique qui exige au préalable une véritable transe, une extase magique qui permet l’accès à l’inspiration divine pour la poésie sacrée. 

À la lumière de ces données, on constate bien que la fonction royale d’Óðin repose sur la connaissance et la magie. C’est un élément qui s’intègre d’ailleurs parfaitement dans le schéma du panthéon indo-européen où la 1è fonction, la fonction royale, se divise en deux sous-ensembles : l’aspect magico-religieux de la fonction souveraine (Wodan / Óðin), et l’aspect juridico-solaire de la fonction souveraine (Tiwaz / Týr). 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Dimanche 26 Novembre 2017


Ódin et Thor…

Opposés et Complémentaires…

Dans divers articles, nous avons vu respectivement les aspects fonctionnels des Dieux germano-nordiques Wotan/Óðin et Donar/þórr. Nous allons à présent comparer ces deux Divinités essentielles afin de pouvoir les définir un peu mieux. Ils sont les principaux Ases du panthéon germano-nordique. Wotan/Óðin est le Dieu souverain de la 1è fonction dans son aspect magico-religieux, tandis que Donar/þórr est le Dieu de la 2è fonction, celle de la guerre. Sous une apparente opposition, ces deux Dieux sont en fait très complémentaires.

 

  • ODIN / THOR
  • Père - Fils
  • Vieux - Jeune
  • Barbe-grise - Barbe-rousse
  • Air - Feu
  • Mouvant - Constant
  • Inquiétant – Bienveillant
  • Cheval – Char
  • Volage – Fidèle
  • Magie – Force
  • Cerveau – Cœur
  • Science – Athlète
  • Chef – Exécutant
  • Stratège – Frappeur
  • Ascète – Bon-vivant

 

Ils s’opposent et se complètent. L’élément naturel d’Odin est l’air, celui de Thor est le feu. Odin est très changeant, il se meut comme le vent. Il porte de nombreux noms différents et aime se déguiser en vieil homme voyageur lorsqu’il visite le monde des hommes. Il est de nature inquiétante lorsqu’il manipule le destin des Grands de ce monde. Il n’est pas toujours digne de confiance car Odin donne avant tout priorité aux buts qu’il s’est fixé et non au bonheur des hommes. Il est le Dieu des Jarls, les seigneurs et les élites de la société humaine. Thor est le Dieu des Karls, les nobles guerriers. Odin utilise dans les guerres la magie et non la force. Alors que Thor est le maître suprême de la force physique, il est le guerrier toujours prêt à frapper fort les races ennemies. Thor est l’ami bienveillant des hommes qu’il protège contre vents et marées. Il est fidèle en amour comme dans le reste de la vie. Il est la stabilité et la fermeté. C’est un jouisseur car il aime la bonne nourriture et en grandes quantités, alors qu’Odin relève du profil d’un chaman aux règles ascétiques. La puissance d’Odin vient de l’esprit, celle de Thor vient du cœur.

 

Mais, malgré toutes ces oppositions, Odin et Thor ne pourraient exister l’un sans l’autre, ils se complètent dans tous les aspects, formant ainsi une harmonie nécessaire à la sauvegarde de l’ordre cosmique. Un cerveau ne s’aurait vivre sans le cœur, tout comme le cœur ne serait rien sans le cerveau…

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Lundi 20 Novembre 2017


Wodan et Frea...

Le Mythe des Lombards...

Voici un mythe peu connu, un mythe germanique qui nous plonge à l’aube de la «Völkerwanderung» - la «migration des peuples», ou les «invasions barbares» comme on dit encore en France. Ces invasions commencèrent au 4è siècle de l’ère vulgaire avec un grand nombre de peuples germaniques descendant vers le Sud de l’Europe. Ils venaient pour la plupart du Nord de l’Allemagne et du Sud de la Scandinavie, la patrie originelle des peuples germano-nordiques. Ils partageaient une même origine culturelle, linguistique, religieuse, et ethnique. La fin de l’empire romain vit l’émergence et le pouvoir des peuples germaniques qui allaient former en Europe un ordre nouveau. D’autres peuples germaniques laisseraient une empreinte moins forte en histoire, mais importante tout de même si l’on considère l’ensemble de cette période qui est cruciale pour l’histoire de l’Occident. Nombreux sont ces peuples germaniques qui ont marqué l’Europe, et pour n’en citer que quelques-uns dans le désordre… les Francs, les Saxons, les Angles, les Goths, les Burgondes, les Alamans, les Vandales, les Chérusques, les Teutons, les Bataves, les Marcomans, les Jutes, les Frisons, les Lombards, les Gépides, les Hermundures, les Chauques, les Suèbes, les Hérules, etc… Une fois cette «Völkerwanderung» terminée, ce fut le tour d’une seconde grande vague venue du Grand Nord, celle qu’on nomme la période viking, une période qui apporta le second souffle germano-nordique à l’histoire européenne. 

 

Le mythe de cet article nous fait remonter très loin dans le temps puisqu’il se place juste avant le début de la période migratoire des peuples germaniques, à une époque où tous les Germains sont encore païens. Ils vénèrent les Dieux et Déesses de leurs ancêtres, Tiw (Ziu), Wodan, Donar, Frea, Frija, Balder, Frey, Nerthus, les Alkis,… Ce mythe nous est connu grâce à un ouvrage en latin du 7è siècle qui relate les origines du peuple germanique des Lombards. Il ne reste que 3 copies de ce précieux manuscrit qui porte le titre «Origo Gentis Langobardorum». Vous pouvez en voir un exemplaire sur la photo en haut à gauche. Bien, et à présent que le contexte est bien planté, voyons ce que nous dit ce mythe…

 

Dans une lointaine île au Nord nommée Scandanan (la Scandinavie), vivaient le peuple des Winnili. Ils étaient dirigés par une reine du nom de Gambara et de ses deux fils Ybor et Agio. Les Winnili eurent mauvaise affaire avec un peuple voisin, les Vandales. Ces derniers étaient sous la tutelle des deux frères, Ambri et Assi. Les Vandales demandèrent aux Winnili de leur payer un tribut. Un tel paiement signifierait la soumission. Ybor et Agio refusèrent au nom des Winnili, en expliquant qu’ils préféraient lutter avec honneur plutôt que de payer un tribut. Et c’est ainsi qu’il en fut décidé…ils allaient se faire la guerre. Ambri et Assi au nom des Vandales se tournèrent vers leur Dieu tutélaire, le grand et très sage Dieu Wodan (plus tard connu comme Odin chez les Vikings). Ils demandèrent à Wodan de donner la victoire au peuple vandale. Wodan les regarda de son unique œil, un œil perçant et souverain. Il répondit aux Vandales la chose suivante: «Je donnerai la victoire à ceux que je verrai en premier au moment où viendront les premiers rayons du soleil de l’aube». 

Au même instant, les fils de Gambara se tournèrent vers la Déesse Frea, l’épouse de Wodan (plus tard connue chez les Vikings comme Frigga). Ils lui demandèrent de donner la victoire aux Winnili. La Déesse Frea leur expliqua que tous les hommes des Winnili devraient venir au petit matin ainsi que leurs femmes, avec comme détail important, que les femmes devraient nouer leurs longs cheveux sur le devant afin de faire croire à une barbe, ce qui augmenterait le nombre de leurs troupes. 

Lorsque vint l’aube, Frea tourna le lit de Wodan vers l’Est. Le soleil de l’aube réveilla le Dieu. Wodan vit alors tous les hommes rassemblés, et il fut surpris par les longues barbes de «certains» d’entre eux, qui n’étaient autres que les femmes avec leurs cheveux noués. Wodan s’écria alors: «Qui sont ces longues barbes ?». Ce à quoi Frea répondit astucieusement: «Puisque tu viens de les nommer, donne-leur la victoire à présent !» 

Et c’est ce que fit le Dieu, il donna la victoire aux Winnili, qui depuis lors s’appellent les «Longues Barbes» (Langbärten), les Langobards, nom qui finira comme les Lombards. Suite à cet épisode de leur mythique histoire, les Lombards émigrèrent en laissant derrière eux leur patrie originelle, ils partirent dans un très long périple qui allait les mener jusqu’en Italie où ils finiront par s’établir en fondant la nation connue encore de nos jours comme la Lombardie.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Lien :

  

Lundi 20 Novembre 2017


Le Dieu Óðin, ses Loups, la Guerre et l'Extase...

Cette citation des Eddas, Grímnismál 19, mérite que l’on s’y attarde un peu car elle nous invite à mieux cerner le profil du Dieu germano-nordique Óðin (Odhinn) et son lien symbolique avec ses loups). 

 

Ses loups sont «Glouton» (Geri) et «Vorace» (Freki) [prononcer «guéri» et «fréki»]. Au-delà de leur appétit naturellement agressif, les noms des loups d’Óðin sont révélateurs de leur nature combative et violente. Cet aspect très guerrier est confirmé dans la citation par les surnoms choisis pour évoquer le Dieu Óðin. L’Habitué-aux-combats, le Père-des-armées (Herjaföðr), et le Glorieux-aux-armes, sont 3 noms possédant un caractère clairement guerrier. On peut ainsi en conclure sans hésiter que les loups sont ici un symbole qui met en avant la relation privilégiée et religieuse que le Dieu maintient avec la guerre. C’est l’aspect guerrier d’Óðin. De plus, le fait qu’un nom guerrier du Dieu soit mentionné 3 fois est lui aussi une indication quant à l’intention de cette strophe des Eddas. Le chiffre 3 insuffle une force magique car il vitalise selon le principe de l’union des contraires (femme+homme) qui donne le jour à une nouvelle vie (=enfant). La guerre prend donc ici une dimension hautement sacrée, ceci, dans le cadre du culte au Dieu Óðin bien-sûr. 

 

Cette Strophe du Grímnismál dit que ce sont les loups qui nourrissent le Dieu, et non le contraire comme on aurait pu le croire dans un premier temps. Mais alors…de quelle nourriture s’agit-il ? Et bien, comme nous venons de le voir, c’est la pure énergie du guerrier que transmettent Geri et Freki à Óðin. Le Dieu puise en eux la force combative. 

 

Mais, dans la même strophe, cette relation entre le Dieu Óðin et ses loups est quelque peu relativisée, puisqu’il est dit que le Dieu vivra toujours de l’extase du vin. Cette relation avec un état extatique est en effet typique d’Óðin car l’extase, voire la fureur, est l’état véritablement de transe dans lequel il entre aussi bien pour la guerre que pour la poésie. Óðin n’est pas qu’un Dieu belliqueux, il est aussi un grand poète, celui qui donne le souffle divin pour l’art magique des mots. Sa maîtrise des mots va d’ailleurs bien au-delà de la poésie en tant que telle. Elle est l’inspiration divine, elle est la force magique qui donne forme aux mots, elle est le Galðr, elle l’art des skaldes qui transmettent la mémoire des ancêtres.

 

Il faut apporter ici une petite précision par rapport à la citation, car certains auront été surpris de voir qu’on y parle de vin, boisson qui ne sera populaire chez les Vikings que tardivement. Le «vin» s’explique en fait assez simplement, car il faut se souvenir que les Eddas sont d’inspiration largement païenne mais qu’ils furent rédigés par un moine islandais du 13è siècle, de manière assez tardive donc. Il était ainsi inévitable que des influences tardives comme le vin s’infiltrent dans la rédaction des textes. Sachant que par ailleurs il est indiqué dans les anciens textes qu’Óðin boit de l’hydromel sacré pour entrer en état extatique, il faudrait donc corriger le mot «vin» dans la strophe et le remplacer par celui d’hydromel.

 

Quoiqu’il en soit, nous aurons appris ici que le Dieu Óðin donne priorité absolue à son pouvoir de transe, car il est celui qui lui ouvre les différentes portes du puissant monde de la magie, art dont il se sert à tous les niveaux, dans la guerre comme dans la paix. 

 

Hathuwolf Harson

 

 

Mercredi 22 Novembre 2017


Hugin et Munin...

Pensée et Mémoire…

Pourquoi Munin est-il si important ?...

Voici une petite analyse d’une citation nordique tirée des Eddas, du Grímnismál 20. [Hugin, prononcer HOUGUINN ; et Munin, prononcer MOUNINN]. La citation est la suivante, c’est le Dieu Óðin qui parle :

 

«Hugin et Munin volent chaque jour 

Par-delà la vaste terre ;

Je crains pour Hugin qu’il ne revienne pas ;

Mais je crains encore plus pour Munin».

 

Et voici la même citation en langue originale, le norrois :

 

«Huginn ok Muninn 

fljúga hverjan dag

Jörmungrund yfir;

óumk ek of Hugin,

at hann aftr né komi-t,

þó sjámk meir of Munin..»

 

Hugin et Munin sont les deux corbeaux du Dieu nordique Óðin (Odhinn). Hugin signifie «Pensée», et Munin se traduit par «Mémoire». Ses deux corbeaux symbolisent bien l’aspect intellectuel qui est lié à la fonction du Dieu Óðin. Comme la citation nous l’indique, ils volent tous les jours dans le monde des hommes et reviennent vers le Dieu auquel ils susurrent à l’oreille tout ce qu’ils ont vu et entendu. Mais la question qui se pose logiquement est la suivante : pourquoi Óðin craint-il plus la disparition de «Mémoire» ? La mémoire est-elle plus importante que la pensée ?

 

La réponse à cette dernière question est oui. Sans mémoire, la pensée est tronquée, elle est amputée de son socle, et ne peut plus être dirigée selon une base stable et solide. Souvenons-nous que la société païenne est avant tout de tradition orale. La tradition se transmet de bouche à oreille, de génération en génération. À ce titre, la mémoire joue un rôle fondamental. Sans mémoire, les anciens mythes se perdraient, ainsi que toute la connaissance d’une famille, d’un clan ou d’une race. C’est toute l’identité d’un peuple qui menace de disparaître si la mémoire fait défaut. La mémoire dont il s’agit ici est donc très au-delà des souvenirs d’un simple individu, elle est celle de la communauté des hommes.

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Lien :

 

Mercredi 22 Novembre 2017



Pour partager l'article