Tuatha Dé Danann

Et arrivèrent les Dieux...

Les Tuatha Dé Danann en Irlande...

Pour les amoureux des mythes celtes, voici le récit détaillé de la toute première arrivée des Dieux en Irlande. Ces Dieux sont les Tuatha-Dé-Danann, ce qui signifie «Ceux de la tribu de la Déesse Dana». Ils sont les Dieux ouraniens du panthéon celte, d’une indiscutable origine indo-européenne. Ils sont comparables aux Ases de la tradition germano-nordique ou aux Olympiens de la tradition grecque. Et tout comme il y eut à l’origine une guerre entre les Dieux Ases et Vanes chez les Germains et les Nordiques, il y eut chez les Celtes également un mythe fondateur avec la guerre entre les Tuatha-Dé-Danann et les Fir-Bolgs. Ce mythe fondateur entre Dieux ouraniens et Dieux chtoniens déboucha dans les deux cas sur un traité de paix. Nous allons voir à présent ce mythe fondateur de la tradition païenne des Celtes d’Irlande qui est également connu comme la première bataille de Mag Tuired. Notez au passage que ce mythe présente des éléments hautement intéressants et instructifs, des éléments qui encore une fois démontreront aux bisounoursés de la tête, que le monde païen n’est pas un monde d’eau de rose où tout le monde serait frère et gentil. Nous allons voir que c’était un monde hiérarchisé, une culture guerrière où la conscience raciale et le respect des identités n’étaient pas de vains mots. De plus, on y voit que les Fir-Bolgs possédaient déjà des druides, ce qui confirmerait que les druides ne sont pas un «produit» exclusivement celte, mais un héritage issu du néolithique ancien. Laissez-vous donc envoûter par ce mythe qui remonte à la nuit des temps… 

 

Il y a très longtemps, peut-être avec l’arrivée des premiers Indo-Européens, à une époque où la mémoire se perd dans l’oubli du temps, arrivèrent en Irlande les Dieux, les gens de la tribu de Dana que l’on appelait les Tuatha-Dé-Danann. Ils arrivèrent par les airs dans un grand nuage de brume. Ils vinrent du Nord de 4 cités mythiques : la grande Falias, la brillante Gorias, Finias, et la riche cité de Murias. Un grand sage vécut dans chacune de ces cités, un sage qui enseignait aux jeunes les voies de la sagesse et de la connaissance : Morias, Urias le noble, Arias le poète aux beaux cheveux, et Senias. De ces cités, ils apportèrent avec eux 4 objets sacrés : la pierre de la vertu de Falias qu’on appelait Lia Fail – la pierre du destin, l’épée de Gorias, la lance de la victoire de Finias, et le chaudron magique de l’éternelle abondance de Murias. 

 

En ces temps-là, Nuada était le roi des Tuatha-Dé-Danann, mais Manannan fils de Lir prenait à nouveau de l’importance. Et parmi eux se trouvaient de grands chefs comme le Dieu Ogma, le frère du roi qui leur enseigna l’écriture oghamique. Parmi les Tuatha-Dé-Danann se trouvaient également Diancecht le Dieu médecin, Neit un Dieu des batailles, Credenus l’artisan, Goibnu le forgeron. De grandes Dames vinrent aussi comme Badb, Macha, et Morrigu, toutes trois Déesses de la guerre, ainsi qu’Eire qui donna son nom à l’Irlande, Fodla et Banba des filles du Dieu Dagda, Eadon la nourrice des poètes, Brigit que tous les poètes vénéraient, et qui soignait aussi les malades et les blessés. Son nom venait de Breo-saighit, la flèche fougueuse. Parmi les Dames il y avait aussi de nombreuses créatures de l’ombre ainsi que de grandes reines, mais Dana la mère des Dieux, était la plus grande d’entre elles. 

 

Trois éléments étaient parmi les plus vénérés chez les Tuatha-Dé-Danann : la charrue, le soleil, et le noisetier. Sous la mer se trouvait un puits sacré où 9 noisetiers avaient pris racine. C’était les noisetiers de l’inspiration sacrée et de la connaissance. Les fruits des noisetiers tombaient dans le puits. Cinq saumons attendaient dans le puits pour se nourrir de ces fruits. Quiconque qui mangeait un de ces saumons possédait alors le génie de la poésie ainsi que la sagesse des Dieux. Sept ruisseaux de la sagesse jaillissaient du puits et retournaient dans le puits formant une grande boucle. Les gens de nombreux arts buvaient de ces courants d’eau sacrée.

 

C’était un jour de Beltaine, le jour de Mai, lorsque les Dieux arrivèrent en Irlande. Ils atterrirent au Nord-Ouest de Connacht. Les Fir-Bolgs qui étaient en Irlande avant les Tuatha-Dé-Danann, et qui vinrent du Sud, ne virent rien si ce n’est une grande brume qui se posa sur les collines. Eochaid fils d’Erc était en ces temps-là le roi des Fir-Bolgs. Des messagers vinrent à lui à Teamhair et lui contèrent qu’une nouvelle race de gens était arrivée en Irlande sans que l’on sache comment ils y étaient parvenus. Ces inconnus d’une autre race s’étaient établis à Magh Rein. Le roi des Fir-Bolgs, Eochaid, fit alors un rêve qu’il demanda à ses druides d’interpréter. Ces derniers lui expliquèrent que d’ici peu de temps un puissant ennemi allait venir à lui. Sur ce, Eochaid se réunit avec ses chefs et conseillers, il y fut décidé d’envoyer un de leurs champions. Ce héros de leur race se nommait Sreng, il était un grand guerrier. Il prit son bouclier, ses deux lances massives, son épée, son casque, et il partit de Teamhair en direction de Magh Rein où se trouvaient les étrangers. Mais avant qu’il puisse atteindre sa destination, les veilleurs des Tuatha-Dé-Danann l’avaient vu. Eux aussi envoyèrent un champion. Ce dernier portait le nom de Bres et il alla à la rencontre de Sreng. Ils se rapprochèrent lentement l’un de l’autre en s’observant de manière soutenue. Une fois assez proches pour pouvoir se parler, ils s’arrêtèrent, plantèrent leur bouclier devant eux tout en s’observant. Bres le Tuatha-Dé-Danann parla le premier, et Sreng le Fir-Bolg fut surpris d’entendre qu’il parlait irlandais, sa propre langue. Ils s’interrogèrent mutuellement sur leur famille et leur race. Ils s’échangèrent les armes car ils étaient curieux de leur armement respectif. Pour finir, Bres fit part à Sreng des conditions des Tuatha-Dé-Danann pour trouver un accord entre les deux partis. Ils seraient prêts à faire la paix si les Fir-Bolgs sont disposés à leur laisser la moitié du pays. Mais si les Fir-Bolgs refusent, alors la guerre serait déclarée entre les deux races. Bres et Sreng se firent quand-même la promesse que quoiqu’il arrive, ils resteraient amis. 

 

Sreng retourna à Teamhair auprès des siens, leurs donna le message et leurs montra les lances des Tuatha-Dé-Danann. Ils furent surpris de voir que ces armes étaient meilleures que les leurs. Eochaid, le roi des Fir-Bolgs, refusa catégoriquement de donner la moitié du pays aux Tuatha-Dé-Danann, car il était convaincu que s’il acceptait, d’ici peu ils réclameraient le pays tout entier. Lorsque Bres rejoignit les siens, ils méditèrent la situation, et furent persuadés qu’il y aurait un conflit entre les deux races. Ils s’en allèrent un peu plus loin à l’Ouest de Connacht et s’établirent dans la plaine de Magh Nia où ils construisirent des palissades ainsi qu’un fossé. Pendant ce temps, trois Déesses des Tuatha-Dé-Danann, Badb, Macha, et Morrigu, se rendirent à Teamhair chez les Fir-Bolgs. Là, elles lancèrent un charme magique. Une épaisse brume et de gros nuages noirs couvrirent toute la région. Ensuite une pluie de feu et de sang tomba sur les gens durant trois jours. Personne ne put parler à personne, ce qui causa d’énormes problèmes pour établir les plans de guerre. Au bout de trois jours, trois druides des Fir-Bolgs du nom de Gnathach, Cesarn et Ingnathach, purent rompre le charme lancé par les Déesses guerrières des Tuatha-Dé-Danann. À continuation Les Fir-Bolgs réunirent 11 bataillons et se mirent en route vers la plaine de Magh Nia. 

 

Nuada, le roi des Tuatha-Dé-Danann, envoya ses poètes afin de refaire la même proposition en expliquant qu’ils se contenteraient de la moitié du pays. Le roi Eochaid refusa encore une fois. Les deux races décidèrent alors d’un commun accord de se laisser un délai de 3 mois afin de se préparer pour la guerre. 

Ce fut un jour de solstice d’été que commença la bataille. Trois fois neuf guerriers des Tuatha-Dé-Danann furent envoyés contre trois fois neuf guerriers des Fir-Bolgs. Un chiffre magique car le 9 représente le début d’un nouveau cycle, et 3 fois 9 sont 27, ce qui donne encore une fois le chiffre 9 en faisant la somme de 2 plus 7. Les deux partis en présence en appellent ainsi à la force d’un cycle nouveau. Dans cet affrontement les Fir-Bolgs furent vaincus et leurs guerriers tués. Les Fir-Bolgs vinrent alors plus nombreux et la bataille dura 4 jours. De grandes prouesses guerrières et des combats valeureux eurent lieu de part et d’autre. Les blessés furent soignés chaque soir par leurs médecins respectifs grâce à un bain magique fait de nombreuses plantes médicinales afin que les guerriers puissent à nouveau combattre le jour suivant. Le 4è jour les Tuatha-Dé-Danann finirent par avoir le dessus et les Fir-Bolgs durent faire marche arrière. Eochaid prit d’une grande soif, se retira avec ses hommes un instant. Les Tuatha-Dé-Danann l’attaquèrent à ce moment. Une lutte terrible s’en suivit, el roi des Fir-Bolgs, Eochain, tomba. Sa mort marqua la fin de la bataille. Il fut enterré à cet endroit et sa tombe couverte d’un tertre de pierres. Des 11 bataillons des Fir-Bolgs seulement 300 hommes survécurent. Nuada, le roi des Tuatha-Dé-Danann, leur proposa la paix. Il laissa aux Fir-Bolgs le choix d’une province sur les 5 provinces que compte l’Irlande. Leur choix se porta sur celle de Connacht. Ainsi s’acheva cette guerre mythique entre la race des Fir-Bolgs et celle des Tuatha-Dé-Danann. Les anciens chantèrent durant de nombreuses générations les hauts faits de cette guerre qui entra dans l’histoire comme la première bataille de Magh Tuireadh.

 

Hathuwolf Harson

 

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Dimanche 4 Février 2018


Les 3 Éléments sacrés des Dieux...

Les Origines des Tuathas de Danann...

Dans la tradition païenne des Celtes d’Irlande, les Tuatha-Dé-Danann sont la famille des Dieux ouraniens, ceux qui correspondent aux Dieux de l’Olympe grec ou aux Dieux Ases de la tradition germano-nordique. Les structures de cette famille de Divinités ont leur origine dans un panthéon originel de nos ancêtres indo-européens, une origine qui remonte donc à un des aspects les plus anciens de notre religiosité. De tous les peuples d’origine indo-européenne, les Celtes semblent avoir été ceux qui intégrèrent le plus l’héritage religieux issu des peuples antérieurs qui eurent leur heure de gloire au néolithique ancien. Les peuples soumis par la guerre et la conquête que menèrent les Celtes, possédaient une religiosité qui était plus tournée vers les cultes de fertilité et fécondité, vers le monde chtonien et ses Divinités fortement liées à la Terre. En intégrant des éléments religieux des peuples vaincus, les Celtes firent preuve d’une tolérance religieuse typiquement païenne. Dit en passant, cette notion de tolérance s’arrête au domaine religieux, car il ne faudrait pas tomber dans les bisounourseries modernes qui voudraient nous faire croire à une tolérance-à-tous-prix dans tous les domaines. À part la question religieuse, les païens pratiquaient la guerre, la paix, la haine, l’amour comme tous les autres peuples de la terre. Si la situation l’exigeait, comme durant une guerre pour défendre les siens et son identité, le païen pratiquait nécessairement l‘intolérance, car on ne va pas à la guerre avec des fleurs et de l’eau de rose comme l’aurait tendance à oublier les fanatiques des idéologies hippies et autres délires ploutocrates post-68ards. Bref, les Celtes démontrèrent être de grands guerriers valeureux tout en étant des gens emplis d’une grande sagesse au niveau religieux. 

 

Mais revenons-en à nos Dieux irlandais, les Tuatha-Dé-Danann. Il est dit dans les textes anciens que ces Dieux arrivèrent en Irlande par les airs, comme portés par des nuées. Cet aspect «aérien» reflète bien le caractère ouranien de cette famille de Divinités. L’héritage ethnoculturel des Celtes se reflète également dans un détail important, celui de l’origine des Tuatha-Dé-Danann telle qu’elle est mentionnée dans les textes anciens. Ces Dieux vinrent du Nord du monde, élément qui confirme une certaine origine nordique commune à bien des peuples indo-européens. Les Tuatha-Dé-Danann venaient de 4 grandes villes nordiques du nom de Falias, Gorias, Finias, et Murias. Chacune de ces villes mythiques possédait un grand sage qui enseignait les voies de la tradition et de la connaissance aux jeunes. Ces grands sages répondaient aux noms de Senias (pour la ville de Murias), Arias le poète-aux-beaux-cheveux (pour la ville de Finias), Urias de nature noble (pour la ville de Gorias), et Morias (pour la ville de Falias). Les Dieux apportèrent avec eux 4 objets sacrés de leur patrie originelle, 4 objets qui sont à mettre en parallèle de manière symbolique avec les 4 forces qui animent les branches de la roue solaire, mais aussi avec les trois fonctions indo-européennes. Ces objets sont le chaudron magique du Dagda, l’épée de Nuadu, la lance de Lugh, et la pierre de Lia Fál.

 

Les anciennes références mythologiques d’Irlande expliquent également, et là nous en venons à l’objet de cet article, que les Dieux Tuatha-Dé-Danann vénéraient par-dessus tout, 3 éléments sacrés. Ces trois éléments sacrés sont à mettre en parallèle avec les trois branches du triskel, symbole très prisé parmi les peuples celtes. Ces éléments hautement sacrés des Tuatha-Dé-Danann étaient le noisetier, la charrue, et le soleil. Le noisetier est un arbre qui, dans la tradition païenne des Celtes d’Irlande, tient un rôle très important. Il possède de nombreux aspects symboliques tels que l’abondance, la fertilité, mais aussi la sagesse et le lien entre les divers mondes. Nous allons revenir en détail sur cet arbre symbolique. Le soleil a lui aussi une symbolique variée chez les Celtes, car il englobe un aspect ouranien qui féconde la terre, ainsi qu’un aspect guerrier, celui qui est victorieux des forces obscures de la nuit et de l’hiver. Quant à la charrue, il est clair et évident que son symbolisme la rattache à la Terre-Mère, celle que l’homme cherche à dominer en la travaillant durement afin qu’elle donne ses meilleurs fruits. Ces trois éléments sacrés sont très intéressants du point de vue symbolique, car ils nous renvoient au double aspect de la religiosité des Celtes, celui hérité des Indo-Européens ainsi que celui hérité des peuples antérieurs du néolithique ancien. Car en effet, bien que de manière assez voilée, on reconnaît là, les éléments symboliques des 3 fonctions indo-européennes tout comme les éléments symboliques liés à la triple-Déesse héritée du néolithique ancien. Pour les 3 fonctions indo-européennes, nous avons le noisetier (sagesse ouranienne de la fonction souveraine), le soleil (dans son aspect guerrier pour la 2è fonction de la noblesse guerrière), et la charrue (pour la 3è fonction, celle de la production et reproduction). Quant aux 3 aspects liés au culte de la Terre-Mère dans les cultures du néolithique ancien, nous avons le soleil (vie fécondante, soleil qui est dans ce cas d’ailleurs associé à une Déesse du nom de Grian, un aspect secondaire de la Déesse solaire Áine), la charrue (vie riche en abondance liée à la terre), et le noisetier (fertilité dans l’aspect mort et renaissance). 

 

Les textes expliquent ensuite que les Dieux avaient en leur possession un puits. Un endroit sacré empli de magie que certains situent sous la mer. Autour de ce puits se trouvaient les 9 noisetiers de la sagesse, les noisetiers de la connaissance et de la poésie. Dans le puits vivaient 5 saumons qui attendaient que les noisettes y tombent afin de les manger. Quelqu’un qui mangeait à son tour un de ces saumons devenait alors une personne emplie d’une sagesse divine. Il est dit aussi que 7 ruisseaux de sagesse jaillissent du puits, coulent au-delà du puits, puis reviennent vers ce même puits formant ainsi une boucle.

Ce dernier passage est lui aussi très intéressant car il regorge de symboles divers. Il faut noter au passage la similitude ici entre la tradition germano-nordique et la tradition celte. Le noisetier et son puits de la sagesse ne sont pas sans rappeler l’Irminsul et le puits de Mimir. 

Le chiffre 9 relie le mythe au principe d’un cycle nouveau, les 9 noisetiers sont donc l’expression du principe cyclique et de son renouvellement naturel. Les 5 saumons symbolisent par leur chiffre l’accès des humains à cette sagesse divine, car le 5 est la marque de l’être humain réalisé. Quant aux 7 ruisseaux, ils sont l’intermédiaire entre sagesse humaine et sagesse divine, le 7 étant le lien symbolique entre les chiffres impairs 5 et 9. Le saumon est lui aussi associé symboliquement à la vision cyclique des choses, car il est bien connu que le saumon possède cette capacité fantastique de retourner aux sources de sa naissance afin d’y perpétuer sa race. Puis, le fait même que dans ce mythe irlandais les ruisseaux forment une boucle, rappelle une fois de plus que le principe des cycles est fondamental et incontournable dans toute sagesse païenne. Le temps n’est point rectiligne, tout est cycle et éternel recommencement. 

 

Hathuwolf Harson

 

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Dimanche 4 Février 2018


Les 4 Objets Sacrés des Dieux Tuatha-Dé-Dannan...

Leur Tri-Fonctionnalité et les Récupérations Chrétiennes...

Dans la mythologie celtique d'Irlande, il est dit que les Dieux, les Tuatha-Dé-Danann, vinrent des îles du Nord du monde, et qu'ils apportèrent avec eux 4 objets sacrés, quatre trésors qui allaient les aider à conquérir la terre d'Irlande. 

 

Chaque objet vint d'une ville mythique de la patrie originelle des Tuatha-Dé-Danann.

 

  • De la ville Falias ils apportèrent la pierre connue sous le nom de Lia Fál. Cette pierre, comme un menhir, se dressa par la suite à Tara, un lieu sacré marquant le centre du pays telle une colonne vertébrale. La pierre Lia Fál était partie intégrante d'un grand rite lors du couronnement des nouveaux grands rois. On dit que cette pierre magique se mettait à crier si un roi légitime la touchait. 
  • De la ville de Gorias les Tuatha-Dé-Danann apportèrent la lance du Dieu Lugh, une lance qui atteint toujours son but. Cette lance à été comparée avec raison à celle du Dieu Wodan / Óðin, la lance Gungnir. Cette comparaison est d'autant plus justifiée lorsqu'on connaît les énormes similitudes qui existent entre le profil et les fonctions de ces deux Dieux. 
  • De la ville de Finias les Tuatha-Dé-Danann apportèrent l'épée létale du Dieu Nuadu. Ce Dieu celtique a lui aussi un fort parallèle avec un Dieu nordique, car aussi bien Nuadu que Týr perdent leur main, et perdent aussi la souveraineté qu'ils exerçaient à l'origine.

De la ville de Murias les Tuatha-Dé-Danann apportèrent le chaudron magique du Dieu Dagda. Il est le Dieu-druide par excellence. On le nomme Ollathair, terme très similaire à un des nombreux noms du Dieu Óðin de la tradition nordique, Alfaðir, car les deux signifient "Père de tous". Ce chaudron non seulement est un objet d'abondance sans fin, mais il est en plus l'outil de tous les rites magiques du dieu Dagda. 

 

Il est important de noter au passage que le christianisme du moyen âge a récupéré et détourné plusieurs de ces objets mythiques de la tradition païenne des Celtes, puisque l'épée de Nuadu finira par devenir la célèbre épée Excalibur, le chaudron du Dieu Dagda fut l'origine du fameux "Saint-Graal", tandis que la lance de Lugh se retrouvera en partie dans la symbolique de la lance de Longinus, la lance du pouvoir, celle qui aurait transpercé le flanc du nazaréen lors de sa curcifixion.

 

Mais revenons-en aux origines païennes. L'histoire des Dieux apportant avec eux des objets sacrés chargés d'une très forte valeur symbolique et mystique, est un mythe que l'on retrouve dans de nombreuses tradtions d'origine indo-européenne. Nous verrons prochainement l'exemple de la tradition des Scythes. Dans le cas des 4 objets sacrés des Dieux celtes, les Tuatha-Dé-Danann, on a d'ailleurs pu reconnaître sans trop de difficulté la symbolique liée à la tri-fonctionnalité indo-européenne. 

  • L'épée et la lance comme reflets de la deuxième fonction indo-européenne, la fonction de la noblesse guerrière.
  • La pierre Lia Fál liée à la fonction souveraine, la première fonction indo-européenne.
  • Le chaudron lié à fonction production et reproduction, la troisième fonction indo-européenne.

Mais ce classement exige de la souplesse, car ces objets peuvent aussi être classés de manière différente. La lance de Lugh par exemple pourrait être liée comme celle d'Óðin à l'aspect magico-religieux de la 1è fonction souveraine indo-européenne, L'épée pourrait être classé dans la première fonction indo-européenne dans l'aspect juridico-solaire. Quant-à la pierre de Lia Fál, elle pourrait être classée dans la fonction production-reproduction de par son aspect symbolique lié à la fécondation et à sa figuration phallique.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Vendredi 23 Novembre 2018