Les Anniversaires...

Voici un article de notre fidèle lectrice Nyarla Thotep, un article très instructif. Un grand merci à elle 

 

Qui ne s'est jamais demandé comment nos ancêtres fêtaient leurs anniversaires? J'ai voulu vous faire un petit récapitulatif de mes recherches personnelles. Car oui, l'anniversaire est à l'origine une fête païenne longtemps rejetée par l'Eglise (notons d'ailleurs que les témoins de Jéhovah qui rejettent toute fête d’origine païenne, ne célèbrent pas les anniversaires). 

Jusqu'au IVème siècle, le christianisme a rejeté la célébration des anniversaires. Il considérait ce genre de célébration comme une coutume païenne, donc, comme quelque chose à bannir absolument. 

Ce n'est qu'au Moyen-Age avec la diffusion et l'intérêt croissant de l'astrologie que l'attention prêtée aux dates d'anniversaire va connaître une recrudescence. Et plus particulièrement lors de la Reforme, cette date est alors une bonne manière de transférer l'attention vers une autre date que le jour de la fête du Saint, dans la lignée du rejet du culte des Saints.

Si on remonte l'étymologie du mot : Anniversarium / Dies Natalis ce n'est pas de célébration de la vie mais d'anniversaire de la mort dont il est question. A l'époque de l'arrivée et de la montée du christianisme la date la plus importante est celle inscrite dans les nécrologies. Par opposition aux rites païens, on célébrait le jour du baptême, de la naissance spirituelle de l'Homme, ainsi que la fête liée au saint patron qui portait son nom.

La plus vieille trace écrite médiévale nous vient de Marco Polo dans le "Devisement du monde", où il narre la célébration de l'anniversaire d'un chef Tartare Khan Khoubilai et indique que rien de semblable ne lui était connu en Occident.

Les premiers anniversaires païens et répertoriés étaient réservés aux Empereurs et aux Pharaons ainsi qu'aux Rois Hellènes. On célébrait avec faste le jour de leur naissance, pour l'occasion, ils offraient à leurs serviteurs un somptueux repas. On ne consignait jamais la date de naissance des gens ordinaires. Cette coutume a des origines égyptiennes et à l'époque, les juifs n'appréciaient pas cette fête, car idolâtre.

Les romains célébraient la vie en phases distinctes : 

  • Juventus (Jeunesse) / Augmentum : Croissance 
  • Status/Acme : Age mûr / Statum : Apogée 
  • Senectus . Vieillesse / Decrementium : Declin

Il est dit que les naissances grecques et romaines étaient accompagnées d'un "Daîmon" (ou esprit protecteur) qui veillait sur eux tout au long de leur vie. Cet esprit était en relation avec le Dieu dont l'anniversaire correspondait au jour de naissance de l'individu. On comprend mieux le rejet du Christianisme quant à sa célébration. Chez les Grecs, il était coutume de cuisiner un gâteau au miel rond en forme de Lune, serti de bougies (cierges), qui avaient le pouvoir magique d’exaucer les souhaits, et de le déposer sur l'autel de Diane (ou Artémis) pour qu'elle apporte protection et prospérité tout au long de cette nouvelle année. 

Cette coutume semble puisée du Mithraïsme, (courant religieux assez méconnu originaire de Perse) dont le culte, très prisé par les soldats romains car il prônait des valeurs de loyauté et d'amitié, connut son apogée au II et IIIème siècles de notre ère.

 

«S'il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n'en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L'église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens, par l'incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement, de nombreuses doctrines païennes inventées par les Égyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme digne de foi.»

 

 

Nyarla Thotep

 

Source :

  • Edward Gibbon - Préface de "Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain"

 

 

Mercredi 21 Mars 2018